Le collectif du 5 novembre lors d'une mobilisation devant la mairie de Marseille en décembre 2018.
Le collectif du 5 novembre lors d'une mobilisation devant la mairie de Marseille en décembre 2018. — Adrien Max / 20 Minutes

JUSTICE

Marseille: Kevin Vacher, accusé de violences en réunion, dénonce une « affaire politique »

L'une des figure du collectif du 5 novembre à Marseille, Kevin Vacher, sera jugé le 30 janvier prochaine pour des violences en réunion après l'occupation de Marseille Habitat

  • Kevin Vacher, figure du collectif du 5 novembre à Marseille, sera jugé le 30 janvier prochain pour des violences en réunion.
  • Une employée de Marseille Habitat a porté plainte. Elle a été blessée à un doigt lors de l’occupation des locaux par le collectif pour le relogement de personnes évacuées d’un immeuble.

Un militant contre le mal-logement à Marseille doit être jugé pour violences en réunion, après une action au siège d’un bailleur social où une agente a été blessée au doigt, a-t-il indiqué après plus de 24 heures de garde à vue.

Dans une ville traumatisée par la mort de huit habitants de la rue d’Aubagne dans l’effondrement de deux immeubles insalubres le 5 novembre 2018, puis l’évacuation de centaines d’immeubles en péril, le placement de Kevin Vacher en garde à vue a suscité l’indignation de plusieurs personnalités de gauche.

Reloger les sinistrés

« À #Marseille aussi la tendance est à l’abus de pouvoir pour intimider les militants », a tweeté Jean-Luc Mélenchon, député (LFI) de Marseille, tandis que le chef de file du PS marseillais Benoît Payan dénonçait une « terrible injustice quand on sait que depuis le 5 novembre, aucun marchand de sommeil n’a entendu le bruit des écrous ».

La semaine dernière, le collectif du 5 novembre, dont ce sociologue est une des chevilles ouvrières, avait participé à une action au siège du bailleur social Marseille Habitat, pour obtenir notamment la mise à l’abri de familles évacuées d’urgence d’un immeuble détenu par Marseille Habitat.

Y vivaient, en plus de cinq locataires, des familles a priori victimes d’un marchand de sommeil, « dans des conditions épouvantables », selon l’adjointe au maire chargée du logement Arlette Fructus. Les appartements ont ensuite été « mis en sécurité » de manière musclée, à coups de masse.

« Affaire politique »

« Au cours de l’intrusion [des militants au siège du bailleur social], une agente a eu une fracture du doigt », avait dénoncé Arlette Fructus jeudi, pointant « le comportement de certains membres des collectifs » d’aide aux personnes délogées. La victime a porté plainte, ainsi que Marseille Habitat. Il ne s’agirait en réalité que d’une entorse ayant entraîné cinq jours d’ITT, selon des membres du collectif.

« Je ne vois pas comment cela a pu arriver », a déclaré Kevin Vacher, convoqué au tribunal le 30 janvier prochain. L’action s’est déroulée « dans le calme » et « ils font de cette affaire une affaire politique », a-t-il dénoncé. Le collectif a dénoncé une « tentative d’intimidation et de criminalisation [des] luttes », qui « ne fait que renforcer [sa] détermination à continuer son action pour la justice et au service des délogés ».