RN : Jean-Marie Le Pen mis en examen dans l’enquête sur les emplois présumés fictifs au Parlement européen

ENQUETE Le cofondateur du Front national a été interrogé pendant plus de quatre heures sur les emplois de trois de ses assistants

20 Minutes avec AFP

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Jean-Marie Le Pen le 10 janvier 2019.
Jean-Marie Le Pen le 10 janvier 2019. — Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Dans le cadre de l’enquête sur les emplois présumés fictifs du Front national au Parlement européen, l’ancien président du parti d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, a été mis en examen, ce vendredi, pour « détournement de fonds publics » et « complicité » de ce délit, ont annoncé ses avocats.

Le cofondateur du parti, rebaptisé Rassemblement national (RN), a été interrogé pendant plus de quatre heures par les juges d’instruction parisiens Claire Thépaut et Dominique Blanc sur les emplois de trois de ses assistants, selon ses avocats.

« Une arnaque politicienne » montée par Christiane Taubira et Martin Schulz

Jean-Marie Le Pen a rapidement réagi, dénonçant « une arnaque politicienne montée il y a plusieurs années entre » l’ancienne ministre française de la Justice Christiane Taubira et l’ancien président allemand du Parlement européen Martin Schulz « qui avaient pour but de persécuter les eurosceptiques ».

L’homme de 91 ans a précisé qu’il allait être à nouveau convoqué devant les juges « en octobre ». Son entourage a précisé qu’il s’agissait du 25 octobre. Le cofondateur du FN « est très fatigué par tout ceci », a déclaré son avocat Me Frédéric Joachim. « C’est une affaire de toute évidence politique voire politicienne », a-t-il poursuivi, dénonçant une « incursion du pouvoir judiciaire dans le pouvoir législatif ».

Un « système de détournement » mis en place « de manière concertée et délibérée »

Déjà convoqué le 11 avril dans cette affaire, Jean-Marie Le Pen, qui a présidé le parti frontiste de 1972 à 2011, avait refusé de se rendre chez les juges, se considérant encore protégé par son immunité d’eurodéputé. Cette dernière avait pourtant été levée par le Parlement européen, à la demande de la justice française, le 12 mars.

Les magistrats instructeurs soupçonnent le RN et ses dirigeants d’avoir mis en place « de manière concertée et délibérée » un « système de détournement » des enveloppes allouées par l’UE à chaque député pour rémunérer des collaborateurs parlementaires, afin de permettre au parti de faire des économies sur ses salaires.

Le parti a lui aussi été mis en examen dans cette affaire

Le préjudice a été estimé par le Parlement européen à près de sept millions d’euros pour la période 2009-2017.

Dans ce dossier, une vingtaine de mises en examen ont été prononcées, dont celle de Marine Le Pen, présidente du RN​ et fille de Jean-Marie Le Pen, l’ex-compagnon de cette dernière Louis Aliot ou encore le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just, pour « détournement de fonds publics » ou complicité. Le parti a lui aussi été mis en examen dans cette affaire.