VIDEO. Procès Balkany : Ce moment où le maire de Levallois a compris qu’il partait en prison pour « fraude fiscale »

RÉCIT Le maire (LR) de Levallois-Perret a été condamné à quatre ans de prison ferme et conduit directement en prison, ce vendredi

Vincent Vantighem

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Paris, le 13 septembre. Patrick Balkany arrive au palais de justice de Paris pour entendre le jugement dans l'affaire de fraude fiscale.
Paris, le 13 septembre. Patrick Balkany arrive au palais de justice de Paris pour entendre le jugement dans l'affaire de fraude fiscale. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
  • Condamné pour « fraude fiscale », Patrick Balkany a été conduit immédiatement en prison.
  • Son épouse Isabelle a échappé au même sort, en raison de « son état de santé ».
  • Il n’a pas fallu plus d’une demi-heure au président de la 32e pour annoncer son jugement.

La présence massive de policiers dans le palais de justice était un premier indice. Le ton froid et implacable de Benjamin Blanchet, le président de la 32e chambre, en était un second. Mais c’est quand celui-ci a parlé de « peine exemplaire » qu’Isabelle Balkany a vraiment compris. Il était alors 13h52 quand elle s’est levée de son siège pour rejoindre son mari, Patrick, à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Et encaisser le choc avec lui.

« Compte tenu de l’indéniable enracinement de Monsieur Balkany dans une délinquance fortement rémunératrice (…) il y a lieu d’assortir sa condamnation à quatre ans de prison ferme d’un mandat de dépôt », a alors prononcé le magistrat, indiquant qu’il dormirait donc en cellule ce vendredi soir. Hagarde dans cette grande salle d’audience, les joues creusées, Isabelle Balkany a alors enlacé son mari resté droit comme un « I » au centre du prétoire. Stoïque ou sonné : personne ne sait vraiment…

Isabelle Balkany pleure dans les bras de son fils

Le président de la chambre n’a pas poursuivi son exposé plus longtemps. Après avoir menacé d’expulser quiconque manifesterait une réaction dans le public, il a simplement levé l’audience, laissant les époux Balkany seuls avec leur peine. Alexandre, leur fils, n’était pas concerné par ce volet de l’affaire, mais il les a rejoints pour faire corps.

Et Isabelle Balkany n’a pas su retenir ses larmes. Dans un mouvement désespéré, on l’a alors vu se diriger vers les deux membres du parquet financier, comme s’ils pouvaient encore changer la décision. Mais non… La première adjointe a fait demi-tour. Son fils l’a prise dans ses bras. Son mari l’a embrassée. Puis les policiers se sont approchés, indiquant qu’ils allaient devoir y aller.

« Vous n’êtes pas un chien, Monsieur Balkany »

Patrick Balkany n’a pas protesté. Et les forces de l’ordre ne lui ont pas fait l’affront de lui passer les menottes pour le conduire à la prison de la Santé, à Paris. Peut-être se sont-ils souvenus des mots du représentant du parquet national financier en mai. « Vous n’êtes pas un chien, Monsieur Balkany. Vous ne vous êtes pas dérobés devant vos juges. Vous êtes juste un grand fraudeur fiscal… »

C’est aussi ce qu’a dit le président Blanchet durant une vingtaine de minutes, ce vendredi. Avec des mots très durs. Il a évoqué les « montages sophistiqués » des époux Balkany pour dissimuler leur patrimoine au fisc. Il a regretté que toute cette affaire ait aggravé un peu plus « la déchirure du pacte républicain ». Et il a qualifié « d’intolérables » ces « faits d’enrichissement personnel » de la part de personnes élues au suffrage universel direct.

Patrick Balkany, lui, n’a marqué aucune réaction. Il a simplement suivi les policiers au fond du prétoire sans se retourner vers cette salle d’audience qui l’a conduit à sa perte. Sans doute sait-il qu’il va devoir revenir au même endroit le 18 octobre pour entendre le jugement rendu dans l’affaire de « blanchiment » et de « corruption ». Dans cette affaire, sept ans de prison ferme ont été requis à son encontre. De quoi alourdir encore un peu plus sa peine.