VIDEO. Procès Balkany : Le jour du jugement pour « fraude fiscale » est arrivé

PRISON Patrick Balkany et son épouse, Isabelle, vont être fixés sur leur sort par la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, ce vendredi

Vincent Vantighem
— 
Patrick Balkany est le maire de Levallois-Perret.
Patrick Balkany est le maire de Levallois-Perret. — ERIC FEFERBERG / AFP
  • Le tribunal de Paris doit rendre son jugement à l’encontre de Patrick et Isabelle Balkany dans le volet « fraude fiscale ».
  • Lors de l’audience, le parquet national financier avait réclamé une peine de quatre ans de prison ferme et l’incarcération immédiate du maire (LR) de Levallois-Perret.
  • Le 18 octobre, un second jugement sera rendu à l’encontre du maire dans le volet « blanchiment » et « corruption ».

C’est une facette peu connue de son parcours. Avant de devenir un baron politique des Hauts-de-Seine, Patrick Balkany a tenté  de percer dans le cinéma. En 1966, il jouait même un jeune homme en fuite  dans le film d’aventure Soleil noir. De cette époque, il semble avoir gardé une tendresse particulière  pour la musique des Tontons flingueurs et l’art de se comporter devant une caméra.

Ainsi, quand il y a trois jours, les journalistes de Quotidien lui ont demandé dans la rue comment il se sentait,  le maire (LR) de Levallois-Perret a répondu dans un grand sourire qu’il n’était pas « d’un naturel stressé ». Un de ses proches dément pourtant : « Stressé ? Bien sûr qu’il est stressé… Comment pourrait-il en être autrement ? »


Ce vendredi, le tribunal correctionnel de Paris doit rendre son jugement dans l’affaire de « fraude fiscale » pour laquelle il a été jugé en mai. Et Patrick Balkany pourrait bien dormir en cellule ce soir. Le qualifiant de « grand fraudeur fiscal », le parquet national financier a en effet requis à son encontre une peine de dix ans d’inéligibilité, mais surtout de quatre ans de prison ferme avec  mandat de dépôt. Soit une incarcération immédiate… « De tels comportements ne sont pas tolérables, notamment quand ils viennent d’élus… », avaient justifié les deux procureurs.


« Que tout le monde se régale » de le voir en prison

Ce matin, Patrick Balkany va donc devoir mettre quelques affaires dans une petite valise, au cas où le tribunal suit les réquisitions du parquet et demande aux forces de l’ordre de lui passer les menottes aux poignets pour le conduire immédiatement derrière les barreaux. Si tel était le cas, l’édile a déjà annoncé qu’il ferait appel. Mais il ne pourrait alors pas éviter l’« infamie » de passer quelques nuits en détention, le temps que son recours soit officiellement formé.

« Le temps que tout le monde se régale ! », avait ironisé son avocat, Eric Dupond-Moretti, lors de l’audience. Durant sa plaidoirie, le ténor avait estimé qu’il serait « déraisonnable » d’envoyer son client, désormais âgé de 71 ans, en prison, même si celui-ci n’est autre que « l’incarnation du diable » selon lui.

Accusé de nager dans un « océan d’argent liquide »

Car le maire de Levallois-Perret et son  épouse Isabelle – contre laquelle quatre ans de prison, dont deux ferme, ont été requis – ont reconnu la fraude, même s’ils ont contesté l’estimation qui en a été faite.  « C'est vrai, nous avons été plus cigales que fourmis... », ont-ils admis à l'audience. 

Les juges d’instruction ont chiffré à 13.006.052 euros le montant de leur patrimoine dissimulé, notamment dans une villa à Saint-Martin (Antilles françaises) et un riad à Marrakech (Maroc). A l’audience, les Balkany ont aussi dû se défendre d’avoir nagé ces dernières années dans un « océan d’argent liquide » incompatible avec leurs revenus connus, certains témoins évoquant même les liasses de liquide planquées dans la coiffeuse, comme  dans un bon vieux film de Georges Lautner.

Une convocation à la police et un autre jugement attendu

Patrick et Isabelle Balkany ont expliqué que tout cet argent provenait en réalité d’héritages placés à l’étranger et non déclarés. Mais ils ont catégoriquement nié que cet argent soit issu de faits de « corruption » liés aux marchés publics dans les Hauts-de-Seine.

Ces accusations-là feront l’objet d’un second jugement, attendu le 18 octobre. Car, après avoir comparu en mai pour « fraude fiscale », l’élu a aussi dû répondre de faits de « corruption » et de « blanchiment » en juin. Et pour cela, une peine encore plus lourde, de sept ans de prison ferme, a été requise à son encontre. Il n’en a donc pas fini avec la justice. D’autant moins qu’il devra aussi mi-septembre honorer un rendez-vous avec la police judiciaire, qui le soupçonne d’avoir utilisé les chauffeurs de la mairie de Levallois-Perret à des fins personnelles.