Aix-en-Provence : En appel, l’agriculteur militant Cédric Herrou se défend d’avoir injurié un préfet

PROCES Une amende de 1.000 euros a été requise contre l’agriculteur, poursuivi pour avoir fait un parallèle entre l’action du préfet et le traitement des juifs sous l’Occupation

20 Minutes avec AFP

— 

Cédric Herrou au palais de justice de Nice (Illustration)
Cédric Herrou au palais de justice de Nice (Illustration) — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Il s’est à nouveau retrouvé à la barre pour avoir dressé un parallèle entre l’action du préfet des Alpes-Maritimes et le traitement des juifs sous l’Occupation. Une amende de 1.000 euros pour injure publique a été requise mardi en appel à l’encontre du militant de l’aide aux migrants Cédric Herrou. La cour d’appel d’Aix-en-Provence doit rendre sa décision le 15 octobre.

En première instance, 5.000 euros d’amende avaient été requis, mais l’agriculteur avait été finalement relaxé par le tribunal correctionnel de Nice. Le parquet avait fait appel.

« C’était pour blesser »

En 2017, alors qu’il cherchait à aider plus de 90 migrants arrivés à Breil-sur-Roya à rejoindre Nice en train pour y déposer une demande d’asile, Cédric Herrou avait écrit sur Facebook : « Peut-être le préfet pourrait-il s’inspirer des accords avec la SNCF pendant la 2e guerre pour le transport des juifs pour gérer le transport des demandes d’asile ? ».

« S’il a dit les choses comme ça, c’était pour blesser » le préfet Georges-François Leclerc, a souligné l’avocat général devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, ajoutant qu’il avait voulu « assimiler le préfet aux Nazis ou au gouvernement de Vichy ».

Ces propos devaient être compris comme une incitation « à s’inspirer du pire pour faire le meilleur », même si « ce n’était pas très bien formulé », s’est justifié l’agriculteur. « Il n’y a aucun terme de mépris, d’invective ou de propos outrageants », a plaidé son avocate Me Sabrina Goldman, vice-présidente de la LICRA. « S’il fait cette référence à la Seconde guerre mondiale, c’est pour alerter, pour éveiller les consciences », a-t-elle ajouté.