Bas-Rhin : Une avocate venue spécialement de Marseille va plaider « au nom d’une chatte assassinée »

PROCES Une avocate spécialisée dans la cause animale veut faire de ce procès à Saverne un symbole de la cause animale

Nils Wilcke

— 

Un chat (Illustration)
Un chat (Illustration) — Pixabay
  • Un homme est accusé d’avoir porté des coups mortels sur Rosa, la chatte de sa voisine à Innenheim, dans le Bas-Rhin.
  • Son procès s’ouvre ce mercredi 11 septembre et l’avocate de la partie civile compte en faire « un symbole de la cause animale ».
  • Le corps de l’animal n’a jamais été retrouvé.

C’est un procès peu commun qui s’ouvre ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Saverne, dans le Bas-Rhin. Un homme va comparaître pour acte de cruauté envers un animal domestique.

Il est soupçonné d’avoir porté des coups mortels à Rosa, la chatte de sa voisine, en mai dernier, comme le confirme à 20 Minutes le parquet de Saverne. La plaignante, une jeune fille de 21 ans, qui réside dans la commune d’Innenheim, explique avoir vu, dans la nuit, depuis sa fenêtre, l’un de ses voisins frapper Rosa. Depuis, elle n’a plus revu l’animal, âgé de 3 ans, et a déposé plainte.

« Je vais plaider comme aux Assises »

« Je vais plaider au nom de Rosa », indique à 20 Minutes l’avocate de la plaignante, Me Gharbi-Terrin. La pénaliste, qui s’est spécialisée dans les affaires de défenses animales, est venue spécialement de Marseille. Elle compte faire de cette affaire « un symbole » de la cause animale. Quelle stratégie va-t-elle adopter ? « Il faut prendre ce procès comme si c’était une affaire aux assises », confie l’avocate : « Cette chatte avait des sentiments, comme un être humain. »

Pour elle, la loi qui réprime les actes de cruauté envers les animaux n’est pas appliquée avec assez de sévérité. Même si l’animal est considéré comme « un être vivant doué de sensibilité » et non plus comme un bien meuble depuis 2015. Le corps de Rosa n’a jamais été retrouvé. Interrogé par la police, l’homme aurait reconnu avoir porté des coups, sans pour autant donner la mort, selon l’avocate.

« Il ne faut pas que Rosa soit morte pour rien »

Assailli par les appels de la presse, le parquet de Saverne a été un peu « surpris » par la « médiatisation » autour de Rosa, selon une source judiciaire. Comment expliquer l’ampleur prise par cette affaire ? Des militants de la cause animale ont créé une page sur Facebook intitulée « Justice pour Rosa » et plusieurs associations se sont portées partie civile au procès.

Depuis la disparition de Rosa, sa jeune propriétaire ressent « un profond chagrin », selon Me Gharbi-Terrin. « Elle espère que ce procès fera avancer la cause animale, poursuit l’avocate. Il ne faut pas que Rosa soit morte pour rien. » Le prévenu, lui, encourt jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.