Marseille : Une avocate condamnée pour ne pas avoir reversé 26.000 euros à une victime dans les temps

INDEMNISATION L'avocate a été condamnée à six mois de prison avec sursis

20 Minutes avec AFP

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Marseille : Une avocate met quatre ans pour reverser 26.000 euros à la victime d’une agression (illustration).
Marseille : Une avocate met quatre ans pour reverser 26.000 euros à la victime d’une agression (illustration). — M.LIBERT/20 MINUTES

Une avocate marseillaise a été condamnée vendredi à six mois de prison avec sursis pour abus de confiance, parce qu’elle n’avait pas reversé dans les délais une indemnisation de 26.000 euros à une cliente, victime d’une violente agression.

La victime, poignardée en septembre 2011 dans le métro de Marseille alors qu’elle était âgée de 15 ans, avait obtenu en mars 2015 auprès de la commission d’indemnisation des victimes d’infractions plus de 26.000 euros de dommages et intérêts, une somme que son avocate ne lui avait pas immédiatement versée.

« A l’époque, j’étais dans la merde financièrement »

Celle-ci remettait au compte-gouttes à l’adolescente de petites sommes en liquide, parfois sur la voie publique, ou procédait à de petits virements, « des cacahuètes », a résumé le président Fabrice Castoldi.

Après l’intervention d’une association d’aide aux victimes, puis une plainte auprès du bâtonnier, l’avocate s’était engagée à restituer les sommes dues. La dette n’a été totalement apurée que deux jours avant l’audience avec le versement des derniers 200 euros. Plainte, délais, chèque impayé… « L’indemnisation du préjudice a été laborieuse », a noté Fabrice Castoldi.

En pleurs à la barre, l’avocate a invoqué une erreur. « C’est mon premier accident professionnel », s’est-elle défendue, se disant « à l’époque, dans la merde financièrement, dépassée, la tête sous l’eau ».

« Je peux admettre qu’elle soit passée d’avocate consciencieuse à avocate submergée mais en aucun cas elle n’a été une avocate malhonnête », a plaidé Me Pascal Luongo, son conseil.

« Je ne veux pas d’argent de poche, je veux mon indemnisation »

Le ministère public avait mis l’accent sur « le choix de la victime, une mineure dont on peut profiter de la candeur, qu’on peut tutoyer, et qui n’est pas capable de dire “je ne veux pas d’argent de poche, je veux mon indemnisation” », requérant finalement une dispense de peine.

Présente à l’audience, la jeune victime aujourd’hui étudiante a expliqué la totale confiance qu’elle avait faite à son avocate.