Crash du Rio-Paris: Le parquet de Paris fait appel du non-lieu général

PROCES Jeudi, les juges ont ordonné un non-lieu pour Airbus et Air France

20 Minutes avec AFP

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Les débris du Rio-Paris n'ont fait surface que six jours après le crash de l'Airbus d'Air France, le 1er juin 2009.
Les débris du Rio-Paris n'ont fait surface que six jours après le crash de l'Airbus d'Air France, le 1er juin 2009. — Anonymous/AP/SIPA

Après la décision des juges d’instruction, ce jeudi, d’ordonner un non-lieu général pour Airbus et Air France dans l’affaire du crash Rio-Paris, le parquet de Paris a annoncé, ce vendredi, son intention de faire appel, a indiqué le parquet à 20 Minutes.

Dans ses réquisitions, le parquet s’était prononcé en juillet en faveur d’un procès pour la seule compagnie aérienne Air France, accusée de « négligence » et d'« imprudence », et pas pour le constructeur Airbus.

« Une conjonction d’éléments qui ne s’était jamais produite »

Il n’a cependant pas été suivi par les juges d’instruction, qui ont estimé que les charges à l’encontre des deux entreprises, mises en examen en 2011 pour « homicides involontaires », étaient insuffisantes pour justifier un procès. Le vol AF447 s’était abîmé dans l’océan Atlantique le 1er juin 2009. Tous les passagers et les membres d’équipage, de 34 nationalités, avaient péri dans l’accident, le plus meurtrier de l’histoire de la compagnie française.

Point de départ de la catastrophe : le givrage en vol de sondes de vitesse Pitot, qui avait conduit à un dérèglement des mesures de vitesse de l’Airbus A330 et désorienté les pilotes jusqu’au décrochage de l’appareil. « Cet accident s’explique manifestement par une conjonction d’éléments qui ne s’était jamais produite, et qui a donc mis en évidence des dangers qui n’avaient pu être perçus avant », ont assuré les juges d’instruction, Nicolas Aubertin et Fabienne Bernard, dans leur ordonnance datée du 29 août.

Une ordonnance « qui insulte la mémoire des victimes »

Les investigations, qui ont visé à rechercher s’il était possible d’imputer à la compagnie aérienne ou au constructeur une responsabilité indirecte dans ce crash, « n’ont pas conduit à caractériser un manquement fautif d’Airbus ou Air France en lien (…) avec les fautes de pilotage (…) à l’origine de l’accident », ont-ils poursuivi. Ce non-lieu général a suscité la colère des associations de familles de victimes, qui ont annoncé qu’elles allaient faire appel.

« Comment ne pas penser que cette décision est guidée par des intérêts économiques supérieurs à ceux de la justice ? », a dénoncé dans un communiqué l’association AF447 Entraide et solidarité, dénonçant une ordonnance « qui insulte la mémoire des victimes ». Depuis ses débuts, l’enquête a donné lieu à une bataille d’experts pour établir les responsabilités dans l’enchaînement ayant mené au crash de l’appareil.