Plan de départs volontaires chez SFR : Une « fraude massive à l’emploi », selon l’avocat d’un salarié

EMPLOI Plus de 250 ex-salariés de l’opérateur téléphonique SFR ont saisi les prud’hommes. Le conseil niçois a étudié le cas d’un Azuréen de 60 ans

Fabien Binacchi

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L’avocat Romain Geoffroy, jeudi, au conseil des prud’hommes de Nice
L’avocat Romain Geoffroy, jeudi, au conseil des prud’hommes de Nice — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Plus de 250 ex-salariés de SFR contestent devant les prud’hommes un plan de départs de l’opérateur mené en 2018.
  • Une première audience s’est déroulée à Nice.
  • Au total, une vingtaine de conseils de prud’hommes en France se pencheront sur ces cas.

Il était le tout premier des 250 ex-salariés de SFR remontés contre un plan de départs volontaires (PDV) à voir son dossier examiné, jeudi, par le conseil des prud’hommes de Nice. Des audiences de conciliations avaient eu lieu l’an dernier, mais aucune juridiction ne s’était encore penchée sur le fond dans ce dossier.

Comme ses ex-collègues dont les cas seront également étudiés dans une vingtaine d’autres conseils en France, Martial Benvenuti, un ancien cadre de l’opérateur téléphonique, estime avoir été écarté de son poste pour des motifs fallacieux en 2018. A l’audience, son avocat a dénoncé une « fraude massive à l’emploi qui a touché au total 5.000 personnes ».

« Des explications erronées »

Pour Me Romain Geoffroy, déjà intervenu sur un précédent PDV en 2007, les syndicats ont validé le plan « sur la base d’explications erronées, à savoir un motif de sauvegarde de compétitivité qui ne tient pas la route ». Et les salariés ont été traités « comme des machines à laver à changer en fin de garantie », a-t-il tancé, transformant une citation de Patrick Drahi, le PDG d’Altice, maison mère de SFR.

Irrecevable, a plaidé l’avocat de l’opérateur. Me Emmanuel de Montalembert a rappelé que le plan, approuvé par le ministère du Travail, était intervenu alors que la société perdait 1 million de clients et voyait son chiffre d’affaires fragilisé par la concurrence de Free​ et de nouveaux acteurs low cost.

« Si je restais, je n’avais plus de poste »

Selon des documents lus à l’audience par le conseil de SFR, Martial Benvenuti aurait également réaffirmé son choix plusieurs fois, « librement et sans contrainte », d’intégrer le plan de départs volontaires. Le départ de l’ex-cadre technico-commercial s’était concrétisé en août 2018 après 18 ans passé chez l’opérateur.

« Si je restais, je n’avais plus de poste. Qu’est-ce que j’aurais pu faire ? », a déclaré l’ancien salarié, membre d’Unsa, l’un des syndicats à avoir donné le feu vert à ce PDV. Le conseil des prud’hommes de Nice devrait se prononcer le 12 décembre.