La France remet à l’Espagne « Anboto », dirigeante historique de l’organisation séparatiste basque ETA

ENQUETE Maria Soledad Iparraguirre Guenechea est soupçonnée d’avoir commandité en 1995 un attentat à la voiture piégée qui a tué un commandant de l’armée de Terre espagnole

20 Minutes avec agences

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Graffiti représentant le logo du groupe séparatiste basque ETA à Oquendo, en Espagne le 23 mars 2010
Graffiti représentant le logo du groupe séparatiste basque ETA à Oquendo, en Espagne le 23 mars 2010 — Rafa Rivas AFP

Elle est accusée d’avoir ordonné l’assassinat d’un militaire espagnol en 1995. Maria Soledad Iparraguirre Guenechea, alias « Anboto », dirigeant historique de l’organisation séparatiste basque ETA a été remise à l’ Espagne par les autorités françaises, ce mercredi.

Il s’agit de l’exécution d’un mandat d’arrêt européen validé par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris alros qu'« Anboto » a fini de purger sa peine en France le 28 août dernier Elle avait été choisie par l’ETA pour lire en basque le communiqué qui annonçait la dissolution de l’organisation clandestine en mai 2018.

Une enquête rouverte en 2015

En Espagne, elle est notamment soupçonnée d’avoir commandité l’assassinat en 1995 du commandant de l’armée de Terre Luciano Cortizo Alonso, tué dans un attentat à la voiture piégée dans la ville de Leon (nord-ouest). C’est pour ces faits qu’elle « est maintenant entendue par un juge », a précisé un porte-parole de l’Audience nationale, haute instance judiciaire qui siège à Madrid.

En 2015, l’enquête sur l’assassinat de l’officier avait été rouverte, un juge considérant qu’il y avait de « nombreux indices pour l’inculper ». « Anboto » est soupçonnée d’avoir elle-même donné « l’ordre express » d’assassiner le commandant Alonso. Elle aurait aussi fourni « les explosifs placés sous le siège du conducteur » pour faire sauter la voiture. L’attentat avait causé la mort du commandant et des blessures graves à sa fille, ainsi qu’à quatre passants.

Arrêtée en 2004 dans le Sud-Ouest

Selon un communiqué publié par l’institution judiciaire en 2015, le juge d’instruction estimait qu'« Anboto » était devenue, à partir de 1993, la cheffe de commandos de l’organisation, auxquels elle transmettait « des instructions concrètes sur la façon dont il fallait réaliser des attentats ».

Elle a été arrêtée en 2004 à Salies-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques), avec son compagnon Mikel Albisu Iriarte, dit « Antza », lors d’un vaste coup de filet. Le couple a été condamné en France en 2012 à 20 ans de réclusion criminelle, assortie d’une peine de sûreté des deux tiers et d’une interdiction définitive du territoire, notamment pour avoir « dirigé » une entreprise à visée terroriste et commis de nombreuses infractions ayant permis la réalisation d’attentats.