Harvey Weinstein face à de nouvelles accusations juste avant son procès

PROCES Le procès de l’ex-producteur de cinéma déchu doit s’ouvrir le 9 septembre

20 Minutes avec AFP

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Harvey Weinstein, le 11 juillet 2019 à New York.
Harvey Weinstein, le 11 juillet 2019 à New York. — Richard Drew/AP/SIPA

Déjà inculpé pour deux agressions sexuelles, l’ex-producteur de cinéma Harvey Weinstein devrait être informé lundi de nouvelles allégations contre lui, qui pourraient compliquer sa défense et reporter son procès imminent.

Le bureau du procureur de Manhattan a indiqué jeudi avoir obtenu un nouvel acte d’accusation dans cette affaire devenue emblématique du mouvement #MeToo, sans en divulguer la teneur.

Mais, selon des informations de médias américains, partiellement confirmées par des avocats de la défense, le nouvel acte viserait à permettre à l’accusation de marquer des points sur la question-clé du nombre d’accusatrices de Harvey Weinstein qui seront autorisées à témoigner au procès, prévu pour commencer le 9 septembre avec la sélection des jurés.

Plus de 80 accusatrices

Le producteur déchu de 67 ans, qui a toujours assuré que ses relations sexuelles étaient consenties et qui devrait à nouveau plaider non coupable lundi, a été accusé d’abus sexuels allant du harcèlement au viol par plus de 80 femmes, dont de nombreuses célébrités.

Mais le cofondateur des studios Miramax et The Weinstein Company, longtemps l’une des puissantes figures de Hollywood, était jusqu’ici poursuivi seulement pour deux agressions supposées : une agression sexuelle en 2006 sur une assistante de production, et un viol en 2013 sur une femme restée anonyme.

Un viol datant de 1993

Or le nouvel acte d’accusation, qui devrait être dévoilé lundi, inclurait le témoignage de l'actrice Annabella Sciorra, connue pour la série Les Soprano, selon certains médias américains. Dès octobre 2017, dans un article du New Yorker qui avait contribué à déclencher le mouvement #MeToo, elle accusait Weinstein de l’avoir violée en 1993, chez elle à Manhattan.

Annabella Sciorra aurait cependant contacté le procureur trop tard pour que ses allégations – trop anciennes pour être formellement poursuivies – figurent dans l’acte d’accusation précédent, expliquait la procureure chargée du dossier dans une lettre au juge citée par le New York Times.

La procureure avait néanmoins demandé au juge de pouvoir faire témoigner Annabella Sciorra comme témoin au procès. Le juge, James Burke, a refusé dans un premier temps, au motif que l’actrice n’avait pas témoigné préalablement devant un grand jury, comme le veut la procédure américaine. La procureure espérerait donc, avec le nouvel acte d’accusation, obtenir un feu vert au témoignage d’Annabella Sciorra.

La question du nombre d’accusatrices

L’accusation a par ailleurs demandé à pouvoir appeler d’autres femmes à témoigner, mais on ignore lesquelles ou combien. Une audience sur cette question-clé s’était tenue à huis clos en avril.

Le nombre d’accusatrices de Weinstein autorisées à témoigner pourrait être déterminant pour convaincre les jurés de le déclarer coupable, comme l'a montré la condamnation en 2018 du comédien Bill Cosby pour agression sexuelle.

En attendant l’audience de lundi, les avocats de Harvey Weinstein ont qualifié ce nouvel acte d’accusation de manœuvre « désespérée » de l’accusation, et prévenu qu’ils demanderaient l’annulation des poursuites.

Pour Bennett Gershman, professeur de droit à l’université Pace et ex-procureur, leur requête a peu de chances d’aboutir. Mais la défense pourrait obtenir « plus de temps pour préparer le procès », dont l’ouverture serait donc reportée, a-t-il indiqué.

Un procès hors de New York

La défense a également récemment demandé que le procès se déroule hors de New York, estimant impossible de trouver des jurés impartiaux dans une ville où les médias ont surenchéri de révélations sur Harvey Weinstein et le mouvement #MeToo. Une décision sur cette question est aussi attendue lundi, mais beaucoup estiment un dépaysement judiciaire improbable.