Affaire Zineb Redouane: L'enquête sur la mort de l'octogénaire dépaysée à Lyon

JUSTICE La cour de cassation a décidé ce mercredi de dépayser à Lyon l’enquête sur la mort de Zineb Redouane, décédée en marge d’une manifestation contre le logement indigne et des « gilets jaunes »

A.M. avec AFP

— 

Des manifestants brandissent une banderole en mémoire à Zineb Redouane, touchée par une grenade lacrymogène en décembre à Marseille.
Des manifestants brandissent une banderole en mémoire à Zineb Redouane, touchée par une grenade lacrymogène en décembre à Marseille. — Adrien Max / 20 Minutes
  • La cour de cassation a prononcé le dépaysement de l’enquête sur la mort de Zineb Redouane, le 1er décembre 2018 à Marseille.
  • L’octogénaire était décédée lors d’une opération après avoir reçu une grenade lacrymogène en plein visage en marge de manifestations contre le logement indigne, et de « gilets jaunes » à Marseille.

La Cour de cassation a ordonné mercredi le dépaysement à Lyon de l’enquête sur la mort de Zineb Redouane, une octogénaire touchée par un tir de grenade lacrymogène en marge d’une manifestation contre le logement indigne et de «  gilets jaunes » à Marseille en décembre, a-t-on appris de source judiciaire. La procédure, jusque-là instruite à Marseille, sera désormais entre les mains d’un juge lyonnais.

Le 1er décembre, de violents incidents avaient éclaté en marge de plusieurs manifestations, notamment celle de « gilets jaunes » et contre le logement indigne. Zineb Redouane, 80 ans, avait été touchée au visage par des morceaux de grenade lacrymogène alors qu’elle se trouvait à sa fenêtre, au 4e étage. Elle était décédée le lendemain à l’hôpital.

Un magistrat présent sur les lieux

Le parquet général d’Aix-en-Provence avait demandé ce dépaysement pour la « sérénité » de l’information judiciaire et « dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice ». Dans sa requête, le procureur général Robert Gelli relevait que, selon deux témoignages de CRS, un magistrat du parquet de Marseille était présent sur les lieux de la manifestation dans le cadre de ses fonctions. Ce magistrat avait été chargé ensuite du début de l’enquête, jusqu’à ce qu’elle soit confiée à un juge d’instruction marseillais, le 4 décembre.

« Ce magistrat pourrait être susceptible de fournir des éléments utiles » sur les faits et sera vraisemblablement entendu lors de l’instruction, « quand bien même sa responsabilité ne peut en aucun cas être recherchée », soulignait dans sa requête le procureur général Robert Gelli.

Seule personne décédée en marge du mouvement des « gilets jaunes »

Le drame ayant eu lieu lors d’une opération de maintien de l’ordre, la responsabilité « des autorités locales » pourrait être recherchée, ajoutait Robert Gelli. Les avocats de la famille de Zineb Redouane avaient également appelé à dépayser au plus vite ce dossier, qu’ils estiment être une « affaire d’Etat ».

Les proches ont déposé plusieurs plaintes et en outre saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), estimant que le procureur de Marseille Xavier Tarabeux avait « manqué à ses obligations déontologiques ». Zineb Redouane est à ce jour la seule personne décédée en marge du mouvement des « gilets jaunes » pour laquelle la responsabilité de la police soit mise en cause.