La façade du palais de justice de Paris.
La façade du palais de justice de Paris. — Clément Follain / 20 Minutes

AUDIENCE

Paris: Le militant antifasciste Antonin Bernanos va sortir de prison

Condamné en 2017 à cinq ans de prison dont deux avec sursis pour avoir participé à l’attaque d’une voiture de police en mai 2016 à Paris, Antonin Bernanos a été placé mi-avril en détention provisoire après une rixe avec des militants d’extrême droite

  • Antonin Bernanos, un militant antifasciste de 25 ans, a été placé mi-avril en détention provisoire après une rixe avec des militants d’extrême droite.
  • Il va être libéré et placé sous bracelet électronique, apprend 20 Minutes auprès de son avocat.
  • Le jeune homme avait été condamné en 2017 à trois ans de prison ferme dans l’affaire de la voiture de police incendiée quai de Valmy à Paris en 2016.

Après une longue nuit d’attente, la décision du juge des libertés est tombée. Placé en détention provisoire depuis le 18 avril dernier, Antonin Bernanos va être libéré et placé sous bracelet électronique. La justice suspecte ce militant antifasciste de 25 ans, descendant de l’écrivain Georges Bernanos, de s’être battu avec des militants d’extrême droite trois jours plus tôt, à Paris. A l’époque, son avocat avait dénoncé un emprisonnement relevant « de la raison politique ».

« La famille, ses amis, ses avocats sont très heureux que certains juges soit encore indépendants », déclare à 20 Minutes son avocat, Me Arié Alimi. « Un appel du parquet, ajoute-t-il, serait un nouveau signe manifeste d’une dépendance du parquet à l’exécutif et serait regrettable pour la crédibilité de l’institution judiciaire. »

L’affaire remonte au 15 avril. Sur l’île de la cité, la cathédrale Notre-Dame est en prise aux flammes. Comme de nombreux Parisiens, Antonin Bernanos se rend sur place avec des amis pour observer depuis les berges de la Seine le feu qui ravage l’édifice. Soudain, la petite bande tombe nez à nez avec des militants d’extrême droite, des Zouaves et des membres de génération identitaire, comme le raconte Streetpress. Une bagarre éclate, un militant d’extrême droite est blessé et se fait voler ses affaires. Plus tard, après l’intervention de la police, il porte plainte contre Antonin Bernanos.

« Il a perdu quatre mois de sa vie pour rien »

Bien que niant avoir participé à la rixe, il est mis en examen pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité » et « vol avec violences ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours ». Quatre autres personnes ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire. Pour son avocat, le dossier est vide. Et si Antonin Bernanos est le seul des suspects à être incarcéré, c’est justement « parce qu’il s’appelle Antonin Bernanos ». Il faut dire que cette affaire est survenue quelques jours seulement après sa sortie de prison. Le jeune homme avait été condamné en octobre 2017 à trois ans de prison ferme pour avoir participé, quai de Valmy, à l’incendie d’une voiture de police le 18 mai 2016, lors des manifestations contre la loi travail.

L’affaire à l’époque avait fait grand bruit. Au cours du procès, Bernanos qui niait les faits reprochés était devenu une figure emblématique pour la mouvance d’ultra-gauche. Il avait finalement été libéré en avril 2018 et avait achevé de purger sa peine en liberté conditionnelle le 10 avril, quelques jours avant la bagarre à Saint Michel. Retour donc case prison, à Fresne (Val-de-Marne), puis à la prison de la Santé. La décision du JLD va lui être notifiée « très vite », explique Me Alimi. Avant d’ajouter : « Il a perdu quatre mois de sa vie pour rien. » Selon Europe 1, les services de renseignement surveillaient de près la décision du juge des libertés et de la détention. Ils redoutent, indique la radio, que Bernanos ne mène la mobilisation des antifascistes parisiens lors du G7 prévu à Biarritz à la fin du mois d’août.