Projet d'attentat préparé en prison: Trois hommes, dont deux détenus, mis en examen

TERRORISME Trois hommes, deux détenus et un ancien détenu, ont été mis en examen vendredi. Ils sont soupçonnnés d’avoir fomenté un attentat

Caroline Politi

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Deux détenus et un ancien détenu ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle »
Deux détenus et un ancien détenu ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » — GUILLAUME SOUVANT / AFP

Pas de « cibles définies » ni de date précise arrêtée mais un faisceau d’indices et de recherches documentaires jugées particulièrement inquiétantes. Trois hommes, tous fichés S et connus pour leur radicalisation islamiste, ont été mis en examen vendredi 26 juillet pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et écroués, a appris 20 Minutes de sources concordantes, confirmant une information du Parisien. Deux d’entre eux sont actuellement détenu dans le centre pénitentiaire de Châteaudun, en Eure-et-Loire, le troisième, ancien militaire, avait été libéré en début d’année.

Selon nos informations, l’enquête débute « fortuitement », lorsqu’un service qui n’est pas lié à l’antiterrorisme fait plusieurs interceptions inquiétantes. Le bureau central du renseignement pénitentiaire s’empare rapidement du dossier et s’ensuit une surveillance de Matthieu C. Condamné pour apologie du terrorisme en 2016, le jeune homme de 27 ans est considéré comme étant particulièrement radicalisé​. « Il ne cache pas son adhésion aux thèses de Daesh », précise une source proche de l’enquête.

« Il n’y a pas eu de véritables actes préparatoires »

Les enquêteurs notent qu’ils cherchent à se rapprocher d’un autre détenu d’une trentaine d’années, condamné pour s’être brièvement rendu en Syrie en 2014. Selon Le Parisien, il lui aurait notamment fait passer les coordonnés d’un homme pouvant l’aider à se procurer des armes une fois dehors. Car le détenu en question devait sortir courant août. Matthieu C. avait également contacté un ancien détenu, ex-légionnaire radicalisé, rencontré en détention à Toulon. « Ce n’est pas un projet d’attentat déjoué mais plutôt une volonté contrariée, il n’y a pas eu de véritables actes préparatoires », précise une source de l’enquête. Aucune cible ni même de date n’avait, semble-t-il, été arrêtée.

Interpellé le 23 juillet par les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (SDAT), les trois hommes ont nié toute velléité de projet d’attentat au cours de leurs auditions. Tous ont été écroués et dispersés dans différents centres pénitentiaires.