Disparition d’Estelle Mouzin: L’enquête dépaysée à Paris pour relancer la piste menant à Fourniret

DISPARITION L’enquête sur Estelle Mouzin va être transférée à une juge d’instruction parisienne avec qui Michel Fourniret et son ex-femme, Monique Olivier, sont en confiance

Vincent Vantighem

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Montage photo présentant le tueur en série Michel Fourniret (à gauche) et Estelle Mouzin, disparue en janvier 2003 à Guermantes (à droite).
Montage photo présentant le tueur en série Michel Fourniret (à gauche) et Estelle Mouzin, disparue en janvier 2003 à Guermantes (à droite). — Alain Julien / Afp / Sipa
  • Âgée de 9 ans, Estelle Mouzin a disparu en janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne).
  • Le 5 février dernier, Monique Olivier, ex-épouse du tueur en série Michel Fourniret, a indiqué qu’elle souhaitait « évoquer ce dossier ».
  • Le 14 mars, Michel Fourniret a reconnu qu’il y avait « quelque chose à creuser ».

Il faudra sans doute un camion de déménagement tant le dossier est volumineux. La Cour de cassation a accepté, mercredi, de dépayser l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin du tribunal de Meaux (Seine-et-Marne), où elle était instruite, à celui de Paris, a appris 20 Minutes, ce jeudi, de source judiciaire. Cela permettra à la justice de relancer la piste menant à Michel Fourniret pour tenter d'expliquer la disparition de la fillette de 9 ans, survenue le 9 janvier 2003 à Guermantes.

Comme 20 Minutes l’avait révélé début juin, de récentes déclarations du tueur en série et de son ex-femme, Monique Olivier, ont conduit la procureure générale de Paris a demandé le transfert de ce dossier dans la capitale, afin de relancer l’enquête. En effet, « l’ogre des Ardennes » et son ex-femme ont, tous les deux, spontanément évoqué le cas d’Estelle Mouzin à la juge parisienne Sabine Khéris, avec qui ils semblent en confiance. C’est donc elle qui devrait prochainement récupérer le dossier.

Michel Fourniret admet avoir « le cul merdeux »

Le 5 février, lors d’une audition consacrée à un autre dossier criminel, Monique Olivier a, selon nos informations, indiqué qu’elle voulait plutôt désormais « évoquer le dossier Mouzin ». Précisant qu’elle souhaite le faire « compte tenu du temps qui passe et pour aider les familles des victimes ». Une déclaration prise très au sérieux : en 2004, c’est elle qui avait fini, au bout du 121e interrogatoire devant la police belge, par dénoncer les agissements de celui qui était encore son mari.

Dans une étrange concordance des temps, Michel Fourniret a, lui aussi, évoqué le cas d’Estelle Mouzin à la juge d’instruction parisienne, le 14 mars, toujours selon nos informations. Également auditionné sur un autre sujet ce jour-là, il se met, sans que personne ne l’y invite, à citer le nom de la fillette disparue à Guermantes. Il explique alors qu’il ne se souvient plus « dans quelle région » et « dans quelles circonstances » il a « croisé » Estelle Mouzin et Joanna Parrish, une autre jeune femme qu’il a reconnu avoir tuée. Et il explique que s’il manque de souvenir plus précis, c’est sans doute parce qu’il a, à ce sujet, « le cul merdeux »… Il ajoute même qu’il y a là « un sujet à creuser ».

Mis hors de cause en 2007, Michel Fourniret a, à plusieurs reprises, indiqué aux enquêteurs qu’il n’avait « rien à voir » avec la disparition de la fillette. Malgré cela, il demeure toujours aujourd’hui l’une des pistes envisagées pour expliquer sa disparition. Une fois le dossier transféré, la juge Sabine Khéris devrait procéder à son audition du tueur ainsi qu’à celle de son ex-femme, afin d’en savoir davantage.