Affaire Geneviève Legay: Le procureur de Nice aurait voulu protéger Emmanuel Macron en disculpant la police

INDEPENDANCE Emmanuel Macron avait pris la parole le premier sur l’affaire, disant que la police n’avait pas touché Geneviève Legay, le procureur de Nice n’aurait pas voulu le contredire

R. G.-V.

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Jean-Michel Prêtre est le procureur de Nice. (archives)
Jean-Michel Prêtre est le procureur de Nice. (archives) — BEBERT BRUNO/SIPA

On n’a pas fini d’entendre parler de l’affaire Geneviève Legay, du nom de cette militante grièvement blessée après une charge des forces de l’ordre lors d’une manifestation des « gilets jaunes », le 23 mars, à Nice. Dans une affaire qui a déjà créé de nombreuses polémiques, les justifications du procureur de Nice sur ses erreurs, qui ont poussé au dépaysement de l’affaire à Lyon, pourraient apparaître comme la cerise sur le gâteau.

Peu après les faits, Jean-Michel Prêtre avait affirmé que Geneviève Legay, 73 ans, n’avait pas été touchée par les forces de l’ordre et qu’elles n’étaient donc pas responsables de ses blessures. C’était faux, comme l’ont révélé plusieurs médias, ce qui a poussé le procureur à se dédire. D’après Le Monde, devant sa hiérarchie, Jean-Michel Prêtre aurait dit vouloir éviter des « divergences trop importantes » avec les déclarations du président de la République.

« Curieuse conception de sa mission »

Avant même que Jean-Michel Prêtre ne prenne la parole, Emmanuel Macron avait en effet déjà déclaré que la septuagénaire « n’[avait] pas été en contact avec les forces de l’ordre ». Le magistrat aurait donc tenté de « protéger » le chef de l’Etat. « Un procureur n’a pas à protéger qui que ce soit, fût-il le président de la République. C’est une curieuse conception de sa mission », a déclaré au quotidien du soir l’avocate niçoise de Geneviève Legay, Me Mireille Damiano.

Le Monde a tenté de contacter le ministère de la Justice, qui ne souhaite pas commenter ces révélations. « L’action des procureurs de la République est particulièrement complexe d’autant plus dans ce contexte », s’est borné à dire Youssef Badr, le porte-parole de la chancellerie.