Bayonne: Les éleveurs avaient refusé d'abattre leurs canards, la justice les relaxe

GRIPPE AVIAIRE En 2017, des éleveurs basques de canard s'étaient opposés à l'abattage préventif de leurs canards alors lors d'un épisode de grippe aviaire dans le Sud-Ouest

20 Minutes avec AFP

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Un élevage de canards.
Un élevage de canards. — XAVIER VILA/SIPA

Il y a deux ans, le Sud-Ouest de la France était touché par une épizootie de grippe aviaire. A l’époque, quatre éleveurs de canards du Pays basque avaient refusé d’abattage leurs volailles de manière préventive.

Poursuivis en justice pour avoir refusé de se plier aux injonctions des autorités sanitaires, ils ont été relaxés ce mardi du délit d’entrave. L’un d’eux devra toutefois s’acquitter de 300 euros d’amende pour non-respect de mesures de biosécurité.

« Cette décision démontre que le tribunal a véritablement compris ce qui se jouait en 2017. Les magistrats ont entendu, écouté, posé des questions sur ce qui a été un mouvement de la société civile et non pas les actes de personnes isolées. Deux ans après les faits, on a quand même envie de dire : tout ça pour ça », a indiqué Anne-Marie Mendiboure, l’une des avocates des éleveurs, après le délibéré rendu par le tribunal correctionnel de Bayonne.

« Adopte un caneton »

Le syndicat paysan Euskal Herriko Laborarien Batasuna, également poursuivi, a écopé pour sa part de 2.000 euros d’amende avec sursis. « Cela nous conforte dans notre rôle de syndicat, on a eu raison de faire ce qu’on a fait », a déclaré son secrétaire général, Panpi Sainte-Marie.

A l’époque, en collaboration avec les éleveurs de Bidache, ils avaient imaginé l’opération « Adopte un caneton », et continué à vendre ces canetons de race locale à des éleveurs solidaires.

Deux mois auparavant, ils avaient empêché à deux reprises l’entrée des services vétérinaires, venus pour des opérations d’abattage, dans l’exploitation d’un éleveur de Domezain.