Tyler Vilus, premier djihadiste à être renvoyé aux assises pour des meurtres commis en Syrie

TERRORISME Tyler Vilus était notamment apparu sur une vidéo de propagande de Daesh où deux prisonniers étaient exécutés

Vincent Vantighem

— 

Illustration de djihadistes de Daesh.
Illustration de djihadistes de Daesh. — Medo Halab
  • Tyler Vilus, un djihadiste français, vient d’être renvoyé aux assises.
  • Il devrait être jugé pour « meurtres en relation avec une entreprise terroriste ».
  • Il apparaît notamment sur une vidéo où deux prisonniers sont exécutés en Syrie.

« Je me suis fait arrêter. Ils m’ont pris en photo. Ils me font rire c mongols. (…) Quand je sors, j’agis ! » Quatre ans après avoir envoyé ce texto à Abelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats de Paris, Tyler Vilus n’a toujours pas pu « agir ». Placé en détention en France, il pourrait bien rester longtemps derrière les barreaux, puisqu’il risque désormais une peine de prison à perpétuité.

Interpellé à Istanbul (Turquie) en juillet 2015, il vient en effet d’être renvoyé devant les assises pour « direction d’une association de malfaiteurs criminelle » et « meurtre en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste », a appris 20 Minutes de source judiciaire ce lundi matin, confirmant une information de France Inter. Âgé de 29 ans, le natif de Troyes (Aube) est ainsi le premier djihadiste à être renvoyé devant un jury populaire français pour des faits criminels commis en Syrie.

Il apparaît sur une vidéo d’exécution

Devenu célèbre pour avoir embrigadé sa mère, baptisée depuis « Mamie Djihad », Tyler Vilus a fait appel de l’ordonnance de mise en accusation. Son dossier doit donc encore passer le filtre de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris pour que son renvoi devant les assises soit confirmé.

Mais les faits qui lui sont reprochés sont très graves. Membre de la police politique de Daesh, il était chargé de faire régner la charia. A ce titre, il est apparu en mai 2015 sur une vidéo de propagande qui aurait été tournée à Al-Chaddadeh, dans le nord-est de la Syrie. Sur les images, on le voit s’occuper du service d’ordre lors de l’exécution de deux prisonniers, affublés de costumes orange. C’est à ce titre qu’il a été mis en examen pour « meurtre en bande organisée ».

Une « emprise idéologique » sur ses codétenus ?

Jugée en octobre 2017 pour l’avoir rejoint en Syrie et aidé financièrement dans ses projets, sa mère avait témoigné de son amour pour lui lors de son procès, à l’issue duquel elle a été condamnée à dix ans de prison, peine ensuite confirmée en appel. « J’aime mon fils, il a fait des choses dont je suis fière. D’autres non… »

L’enquête a révélé notamment que Tyler Vilus avait été en lien avec plusieurs des terroristes qui sont passés à l’acte en Europe, notamment Mehdi Nemmouche, l’auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles (Belgique) et donc Abdelhamid Abaaoud. Selon France Inter, l’administration pénitentiaire aurait alerté, ces quatre dernières années, « de l’ascendant et de l’emprise idéologique » qu’il pouvait exercer sur ses codétenus.