Aveyron: Un homme tue sa femme et son bébé dans un macabre scénario «inachevé»

HOMICIDE Ce père de famille assure que lui et sa femme projetaient de se tuer pour éviter qu’on leur retire leur dernier enfant, de 19 mois

R.G.-V. avec AFP

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Palais de justice (illustration).
Palais de justice (illustration). — GEORGES GOBET / AFP

Présenté à la justice vendredi pour l’assassinat de sa compagne et de leur bébé, un père a expliqué qu’il s’agissait d’un projet inabouti, selon lequel il devait tuer sa famille avant de se suicider, imaginé en commun à cause du placement du nourrisson. « L’homme a donné des explications sans difficultés au cours de plusieurs longues auditions durant sa garde à vue. L’idée d’être séparés de leur fille était insupportable. Ils ont décidé tous les deux d’en finir, selon son expression », a précisé le procureur de Montpellier Christophe Barret au cours d’une conférence de presse.

Le magistrat a ouvert une information judiciaire pour assassinat sur conjoint et sur mineur de 15 ans et a requis le placement en détention du père âgé de 39 ans, en garde à vue depuis mercredi. Ce jour-là, les corps sans vie de la mère de famille, âgée de 43 ans, et de son bébé de 19 mois avaient été découverts dans leur maison du village des Rives, sur le plateau du Larzac. Le père de famille, et les deux autres enfants du couple, deux garçons de 12 et 7 ans qu’il a finalement renoncé à tuer, ont été retrouvés sur place par les gendarmes. Dans la maison, « aucune trace de lutte ou de violences », selon le magistrat.

« Aucun problème de discernement »

« Pendant la garde à vue (du père), un expert en psychiatrie n’a relevé aucun problème de discernement. Aucun élément lié à des violences conjugales, ni de dérive sectaire, n’a été constaté. Cette famille était très discrète, avait peu de relations extérieures dans ce petit village de moins de 200 habitants. Elle était plutôt bien insérée socialement et était propriétaire d’un logement assez cossu », a précisé Christophe Barret.

A l’origine du sinistre projet du couple, une décision de placement temporaire de leur bébé, selon Christophe Barret. Quelques semaines avant le drame, le nourrisson avait été hospitalisé à Montpellier pour une inflammation sans gravité. A cette occasion, le personnel médical avait constaté une malnutrition et les services sociaux et la PMI avaient été saisis.

« Un projet mûri »

Selon les éléments de l’enquête, le couple, alors en vacances avec ses trois enfants en Bretagne chez la mère du conjoint, accepte mal cette décision de placement. Des témoins, interrogés par les enquêteurs, assurent que la famille songeait à prendre la fuite ou à mettre fin à ses jours. Mais finalement, laissant les deux aînés chez leur grand-mère, le père et la mère étaient quand même rentrés dans l’Hérault le 13 juillet avec leur bébé.

Après que le père eut, selon toute vraisemblance, tué sa compagne et son bébé à l’aide d’une carabine le 16 juillet, il aurait ensuite repris la route de nuit pour récupérer ses deux garçons. C’est au retour qu’il a ensuite avoué le crime à sa mère, renonçant à achever son projet. La grand-mère a ensuite prévenu les gendarmes.

« Cet homicide est un projet mûri, dissimulé, et qui, initialement, concernait les trois enfants de la famille. Rien ne présageait pourtant d’une issue aussi dramatique. Le juge d’instruction devra clarifier le processus qui a mené le couple à prendre en commun cette décision alors que nous avons affaire à des gens instruits et insérés », a déclaré le procureur.