Lyon: Des peines minimes prononcées à l'encontre des «flics ripoux» de Vénissieux

CORRUPTION Un seul des sept policiers jugés a été condamné pour corruption

20 Minutes avec AFP

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Le nouveau palais de justice de Lyon, le 14 juin 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Le nouveau palais de justice de Lyon, le 14 juin 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Sept policiers soupçonnés de corruption et de complaisance envers une fratrie sulfureuse ont été condamnés à des peines avec sursis mardi à Lyon, bien en deçà des réquisitions du parquet, un seul d’entre eux ayant été jugé coupable de faits de corruption.

Ces sept fonctionnaires, surnommés « les ripoux de Vénissieux », ont écopé d’un maximum de 9 mois de prison avec sursis, alors que des peines allant jusqu’à la prison ferme et l’interdiction définitive d’exercer avaient été requises.

Un seul a été condamné pour corruption par le tribunal correctionnel, les autres principalement pour détournement de fichiers et violation du secret professionnel. Aucun ne s’est vu infliger une interdiction d’exercer.

« L’affaire accouche d’une souris »

« L’affaire accouche d’une souris. On en retient beaucoup de souffrance car beaucoup de prévenus, dont mon client, ont connu la détention ferme. Mon client a même définitivement quitté la police alors qu’il était, je pense, un excellent flic », a réagi l’avocat d’un des fonctionnaires, Me Laurent Bohé.

L’affaire de ces policiers, accusés d’avoir bénéficié de petits arrangements entre « amis » et favorisé trois frères défavorablement connus des services de police, avait éclaté en 2012, un an après l’arrestation pour corruption du commissaire Michel Neyret, ancien numéro deux de la police judiciaire de Lyon.

Des petits services rendus

Dans son réquisitoire début juin, la procureure avait estimé que les faits reprochés étaient « particulièrement graves », dégradant selon elle l’image de la police et rompant « le lien de confiance entre la police et la justice ». Elle avait notamment requis trois ans de prison dont un ferme et l’interdiction définitive d’exercer contre un des fonctionnaires, accusé de « corruption passive ».

Si le procès a mis au jour de petits services rendus de part et d’autre, dont la divulgation de renseignements confidentiels, la consultation de fichiers et des ristournes sur des téléphones et du matériel électroménager par l’intermédiaire d’un des frères, l’existence de factures n’a notamment pas permis de caractériser un pacte de corruption.

« Un camouflet pour le parquet »

« C’est un camouflet pour le parquet et l’instruction. Le gouffre entre les peines demandées et celles prononcées montre l’excès du parquet qui a montré un acharnement jusqu’au bout et qui est aujourd’hui en échec total », a estimé Sébastien Sertelon, avocat de deux autres prévenus.

En revanche, leur principal corrupteur présumé, déjà détenu pour une autre affaire et contre lequel quatre ans de prison avaient été requis, a été condamné à 18 mois de prison pour diverses infractions jointes au dossier. Ses deux frères ont échappé à la prison ferme.

Le parquet a 10 jours pour faire appel.