Marseille: Deux policiers en correctionnelle pour le passage à tabac d’un adolescent

CORRECTIONNEL Un stylo «Alliance police nationale» a joué un rôle déterminant dans l’enquête de l’IGPN.

C.D.

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Une voiture de police en intervention (illustration).
Une voiture de police en intervention (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes

Deux policiers, âgés de 31 ans et 41 ans, vont comparaître le 17 octobre prochain devant le tribunal correctionnel de Marseille pour des violences sur un adolescent, révèle La Provence dans son édition de lundi. Le rapport de l’IGPN, la police des polices, est en effet « accablant » pour les fonctionnaires de police, qui par ailleurs nient tout en bloc, selon nos confrères qui ont pu le consulter.

L’affaire remonte à la nuit du 20 février 2018 et s’est déroulée dans une ruelle du 14e arrondissement. Un lycéen de 16 ans, originaire du Lot-et-Garonne, est en vacances dans sa famille. Vers 22h30, il descend acheter des cigarettes dans une épicerie de nuit pour l’aîné de ses grands frères. C’est là qu’il tombe sur une voiture de police et, selon son récit, fait l’objet d’un véritable passage à tabac de la part des deux policiers. Après quoi, « ils m’ont juste dit lève-toi et casse-toi d’ici », témoigne l’adolescent.

De multiples lésions au visage

Emmené aux urgences, le jeune souffre de multiples lésions, dont une fracture du plancher de l’orbite. Saisie par le parquet, l’IGPN identifie rapidement l’équipage en patrouille au moment des faits. Des éléments matériels viennent par ailleurs corroborer la version de l’adolescent : le téléphone des policiers a borné dans le secteur, l’ADN d’un des fonctionnaires est retrouvé sur la veste de l’adolescent, et une autre trace d’ADN relevée sur un stylo siglé « Alliance police nationale », que le jeune dit avoir ramassé par terre après le départ des policiers.

Devant leurs collègues, les policiers défendent une autre interprétation des faits. Ils disent que le stylo aurait pu tomber au sol lors d’un autre contrôle, ou encore que l’ADN retrouvé sur la veste du mineur pourrait venir d’un contrôle opéré « avant ou quelques jours plus tôt ». Et aussi que le vacancier « faisait peut-être du trafic et aurait pu être corrigé » par la tête d’un réseau…. Une version qui ne semble en tout cas pas avoir convaincu l’IGPN, pour qui l’enquête a permis d’établir « tant par les éléments matériels, vidéo, que par les déclarations de la victime et du témoin que le brigadier-chef et le gardien de la paix avaient commis des violences » sur l’adolescent de 16 ans.