Nice: L'affaire Geneviève Legay dépaysée à Lyon

GILETS JAUNES La Cour de cassation a pris sa décision ce mercredi

M.F. avec AFP

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Geneviève Legay avant la charge des policiers, le 23 mars à Nice.
Geneviève Legay avant la charge des policiers, le 23 mars à Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

La manifestante de 73 ans avait été blessée en mars lors d’une charge de police contre un rassemblement interdit de « gilets jaunes » à NiceLa Cour de cassation a décidé mercredi de dépayser à Lyon l’enquête sur les violences subies par Geneviève Legay.

Cette enquête, qui a valu au procureur de Nice de nombreuses critiques, sera désormais menée par un juge d’instruction lyonnais. Dans un avis préalable à cette décision, l’avocat général s’était prononcé en faveur de ce dépaysement. « Le procureur de la République (de Nice) avait d’abord confié l’enquête à la sûreté départementale alors que la cheffe de ce service avait elle-même participé à l’opération de maintien de l’ordre dans le périmètre où Geneviève Legay a été bousculée et était la compagne du commissaire chargé du commandement de cette opération », avait-il rappelé. Le magistrat reprenait les éléments avancés par le procureur général d’Aix-en-Provence qui avait transmis la demande de dépaysement des avocats de Geneviève Legay et d’Attac, l’une des associations où elle milite.

Le procureur convoqué pour s’expliquer

L’avocat général soulignait également que certains policiers ayant participé le 23 mars à l’opération étaient régulièrement en relations avec les magistrats de Nice. Vertement critiqué pour sa gestion de l’affaire, et notamment pour avoir saisi la sûreté départementale, le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre avait été convoqué par sa hiérarchie pour s’expliquer.

Le 23 mars à Nice, alors que la mairie et la préfecture craignaient des débordements à la veille de la visite du président chinois Xi Jinping, un large périmètre avait été interdit aux « gilets jaunes ». Geneviève Legay faisait partie de la cinquantaine de manifestants venus dans la matinée braver cette interdiction de manifester place Garibaldi.

Les gendarmes avaient refusé de charger

Selon le témoignage d’un policier recueilli par l’AFP, corroboré par une note émanant de la direction de la gendarmerie révélée par Mediapart, les gendarmes ont refusé de charger, contrairement aux policiers : « Ordres reçus disproportionnés face à la menace (foule calme) », indique cette note.

L’enquête ouverte pour violences vise un policier accusé d’avoir causé à Geneviève Legay un traumatisme crânien en provoquant sa chute.