Bernard Tapie, le 4 avril 2019 au tribunal de Paris.
Bernard Tapie, le 4 avril 2019 au tribunal de Paris. — AFP

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Affaire Tapie: «Mon cancer vient d'en prendre un sale coup dans la gueule!»

Bernard Tapie était absent au délibéré du tribunal correctionnel de Paris en raison d’une récidive de son double cancer

« Mon cancer vient d’en prendre un sale coup dans la gueule », s’est réjoui ce mardi Bernard Tapie dans La Provence. Le tribunal de Paris a annoncé dans la matinée la relaxe générale dans l’affaire de l’arbitrage controversé qui lui avait octroyé 403 millions d’euros en 2008. « C’est bien la preuve qu’il faut toujours, toujours, se battre jusqu’au bout », a ajouté l’homme d’affaires, cité par le quotidien dont il est l’actionnaire majoritaire.

« Dans un pays qui ne se résout décidément pas à être la Corée du Nord, on finit toujours par tomber sur des magistrats qui pensent à faire le droit plutôt qu’à faire leur carrière », a encore ajouté Bernard Tapie, absent au délibéré du tribunal correctionnel de Paris en raison d’une récidive de son double cancer, et joint par La Provence à l’hôpital Saint-Louis, à Paris, où il suit une chimiothérapie.

Les six prévenus relaxés

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé mardi Bernard Tapie, le PDG d’Orange Stéphane Richard et quatre autres prévenus, jugés au printemps dans l’affaire de l’arbitrage controversé rendu par un tribunal arbitral privé pour régler le litige de Bernard Tapie avec le Crédit Lyonnais sur la revente d’Adidas.

Une peine de cinq ans de prison ferme avait été requise le 1er avril contre l’ancien ministre, jugé pour « escroquerie » et « détournement de fonds publics ». Pour le parquet, qui n’a pas encore annoncé s’il allait faire appel ou pas, Bernard Tapie avait « truqué » l’arbitrage qui lui avait notamment accordé en juillet 2008 la somme inédite de 45 millions d’euros au seul titre du préjudice moral.

Ce jugement ne marque toutefois pas l’épilogue du titanesque et feuilletonnesque contentieux opposant Bernard Tapie à l’ex-banque publique et au Consortium de réalisation (CDR), chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, depuis près de vingt-cinq ans. Dans un communiqué, le CDR s’est dit « déterminé à recouvrer les sommes indûment perçues par Bernard Tapie » après l’annulation de l’arbitrage au civil et malgré cette relaxe pénale. Les modalités de remboursement de Bernard Tapie – en faillite personnelle depuis décembre 1994 – sont toujours débattues devant le tribunal de commerce.