VIDEO. Bernard Tapie relaxé dans l’affaire de l’arbitrage du Crédit Lyonnais

PROCÈS Lors du procès en mars, le parquet avait requis, à son encontre, une peine de cinq ans de prison ferme

Vincent Vantighem

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Bernard Tapie, le 21 mars 2019, au tribunal de Paris.
Bernard Tapie, le 21 mars 2019, au tribunal de Paris. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP
  • Bernard Tapie a été relaxé des accusations « d'escroquerie». 
  • L’homme d’affaires était jugé pour l’arbitrage controversé avec le Crédit Lyonnais.
  • Les cinq autres prévenus de l'affaire ont également été relaxés.

Son fils, Laurent, avait prévenu qu'il ne pourrait pas se présenter au tribunal. Soigné à l’hôpital de La Pitié Salpêtrière pour un cancer de l’estomac et de l’œsophage, Bernard Tapie n’a pas entendu, ce mardi matin, le tribunal correctionnel de Paris le relaxer dans  l'affaire de l'arbitrage controversé Adidas / Crédit Lyonnais. « C’est une immense satisfaction et une grande libération », a réagi Hervé Témime, l’avocat de l’ancien homme d’affaires qui était, selon lui, « très très ému » lorsqu’il a appris la décision.

Lors du procès en mars, le parquet avait requis, à son encontre, une peine de cinq ans de prison ferme. Mais le tribunal a estimé qu’il manquait de preuves pour affirmer que l’arbitrage controversé dont Bernard Tapie a bénéficié en 2008 avait « été surpris par la fraude ».

Stéphane Richard, le PDG d’Orange, également relaxé

L’accusation avait assuré, lors de l’audience, que l'ancien président de l'Olympique de Marseille avait « truqué » cet arbitrage qui lui a accordé en juillet 2008 la somme inédite de 403 millions d’euros – dont 45 au titre du seul préjudice moral – pour solder son vieux litige avec le Crédit Lyonnais lors de la revente d’Adidas. Cette sentence rendue par un tribunal arbitral privé aurait dû être l’épilogue d’un titanesque contentieux entre l’homme d’affaires et l’ex-banque publique, qu’il accuse depuis vingt-cinq ans de l’avoir floué.

L’actuel PDG d’Orange Stéphane Richard, jugé pour « complicité d’escroquerie » dans cette affaire, a lui aussi été relaxé. Lors du procès, le ministère public avait demandé trois ans de prison, dont 18 mois fermes, assortis d’une interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans à son encontre, faisant craindre des remous au sein d'Orange. Les autres prévenus, dont le juge arbitre Pierre Estoup et l’avocat de Bernard Tapie Maurice Lantourne ont également été relaxés.

Cette décision surprise du tribunal correctionnel risque de faire parler d’elle dans les prochaines semaines. Tout simplement car elle va à l’encontre d’une décision rendue en 2015, sur le plan civil, qui avait condamné Bernard Tapie à rendre l’argent qu’il avait reçu à l’époque.