Affaire Jean-Claude Romand: Après 26 ans de détention, le faux docteur est sorti de prison

LIBERATION Agé de 65 ans, le faux médecin de l’OMS, va rejoindre un établissement religieux à sa sortie de la prison de Saint-Maur (Indre)

20 Minutes avec AFP

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Jean-Claude Romand, le 25 juin 1996.
Jean-Claude Romand, le 25 juin 1996. — AFP

Après 26 ans passés derrière les barreaux, Jean-Claude Romand, le faux médecin condamné à perpétuité pour avoir tué son épouse, ses deux enfants et ses parents, est sorti de prison, «cette nuit», a annoncé son avocat, Me Jean-Louis Abad. L'homme a obtenu une libération conditionnelle assortie d’une surveillance électronique.

Le 25 avril, la cour d’appel de Bourges lui avait accordé la liberté conditionnelle, fixant la date limite de sa sortie au 28 juin. Agé de 65 ans, le faux médecin de l’OMS, va rejoindre un établissement religieux, selon une source proche du dossier.

Les « plages horaires » fixées

Il a été placé sous surveillance électronique pendant une période probatoire de deux ans, avant d’être soumis pendant dix ans à des mesures d’assistance et de contrôle. Une dernière audience concernant les modalités de sa liberté conditionnelle a eu lieu mercredi devant la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Bourges. Il s’agissait notamment de fixer les « plages horaires » durant lesquelles Jean-Claude Romand devait rester à son domicile, selon Me Jean-Louis Abad, son avocat, qui a parlé d'« une sorte de pointage électronique à heure fixe ».

Dans sa décision du 25 avril, la justice a ordonné à Jean-Claude Romand de ne pas entrer en contact avec les victimes et les parties civiles et lui a interdit de se rendre dans les régions Ile-de-France, Bourgogne Franche-Comté et Auvergne Rhône-Alpes. Jean-Claude Romand doit aussi s’abstenir « de toute communication médiatique relative aux crimes pour lesquels il a été condamné », « réparer en tout ou partie » les dommages qu’il a causés et « se soumettre à des mesures d’examen médical, de traitement ou de soins », selon le communiqué du parquet général du 25 avril. En ordonnant la libération de Jean-Claude Romand, la cour d’appel de Bourges avait infirmé un jugement du tribunal de Châteauroux du 8 février dernier.

Libérable depuis 2015

Le tribunal de Châteauroux avait alors estimé qu'« en dépit de son parcours d’exécution de peine satisfaisant, les éléments du projet présenté et de sa personnalité » ne permettaient pas « d’assurer un juste équilibre entre le respect des intérêts de la société, des droits des victimes et de la réinsertion du condamné », selon le parquet. Condamné à la perpétuité en 1996, Jean-Claude Romand était libérable depuis 2015, après une période de sûreté de 22 ans. Après avoir caché à ses proches son échec en faculté de médecine, Jean-Claude Romand avait menti pendant plus de quinze ans à son entourage. Marié et père de deux enfants, il se disait médecin, chercheur à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève, et faisait vivre sa famille en escroquant parents et amis, prétendant placer leurs économies en Suisse.

Acculé par plusieurs débiteurs, alors âgé de 38 ans, il était passé à l’acte au matin du 9 janvier 1993. Dans leur maison de Prévessin-Moëns, il tue sa femme avec un rouleau à pâtisserie, puis sa fille de sept ans et son fils de cinq ans, en leur tirant dans le dos avec une carabine. Il tue ensuite ses parents à Clairvaux-les-Lacs (Jura) de plusieurs balles dans le dos. Le lendemain, il revient à son domicile et avale des barbituriques avant d’incendier la maison. Il sera retrouvé inconscient mais vivant par les pompiers.