Des joueurs de poker attablés autour du croupier (Illustration)
Des joueurs de poker attablés autour du croupier (Illustration) — Olivier Laban-Mattei AFP

DECISION

Cannes: Un non-lieu général dans l'affaire des soupçons de malversations au casino Partouche

Deux dirigeants avaient été mis en examen pour abus de biens sociaux dans une affaire de dissimulations présumées de mises de poker

  • Un juge d’instruction de Marseille vient de rendre un non-lieu général dans l’affaire des soupçons de malversations au casino Partouche de Cannes.
  • Deux dirigeants avaient été mis en examen pour abus de biens sociaux.
  • Le casinotier a dénoncé « une vraie volonté de nuire ».

Mis en examen en mars 2018 pour abus de biens sociaux dans une affaire de dissimulations présumées de mises de poker, deux dirigeants du casino Partouche de Cannes ont bénéficié d’un non-lieu général ordonné ce mercredi par un juge d’instruction de Marseille.

« Il n’existe pas de charges suffisantes contre les dirigeants de la SAS Cannes Centre Croisette, elle-même propriété de la SA Groupe Partouche » exploitant le casino de Cannes, d’avoir commis des abus de biens sociaux, indique le du vice-président chargé de l’instruction au tribunal de grande instance de Marseille, Fabrice Naudé.

Deux joueurs avaient également été mis en examen pour complicité et recel d’abus de biens sociaux, et placés sous contrôle judiciaire. Eux aussi ont bénéficié du non-lieu, en raison d’une « insuffisance de charges ».

« Pas le cadre de détournements de fonds »

Selon l’ordonnance de non-lieu, les éléments d’enquête ont permis de relever que les parties de poker qui faisaient l’objet des vérifications, « n’étaient pas le cadre de détournements de fonds réalisés au préjudice de l’établissement de jeux concerné », et qu’elles avaient « généré un produit brut des jeux considérable et ce, au bénéfice tant de la société exploitante que de l’État ».

Les deux dirigeants n’ont « pas été personnellement, de manière directe ou indirecte, intéressés à l’organisation et au fonctionnement de ces parties, poursuit le vice-président. Enfin, il n’existe pas davantage d’indices graves ou concordants et partant de charges suffisantes contre quiconque, d’avoir commis les délits de participation en bande organisée à la tenue d’une maison de jeux de hasard et blanchiment en bande organisée, également objet de la saisine de la juridiction d’instruction. »

« Nous avons subi un énorme préjudice »

« Les dirigeants du Casino 3.14 sont ainsi définitivement mis hors de cause », a réagi le groupe Partouche dans un communiqué. « Nous avons subi un énorme préjudice, avec l’écroulement du titre en Bourse et quelque 500 pages de parutions dans la presse, mais aussi dans nos relations dans l’environnement financier. Du jour au lendemain, votre réputation est entachée et cela va laisser des traces. Cette affaire est tellement grotesque », a-t-il commenté.

Le casinotier a dénoncé « une vraie volonté de nuire ainsi que l’incompétence et la malveillance du Service central des courses et jeux » et estime que ce non-lieu « ne peut que plaider pour la mise en place d’une autorité indépendante unique des jeux » qui doit être créée dans le cadre de la privatisation de la Française des Jeux.

« On ne peut pas en rester là car c’est un scandale », a ajouté le groupe rappelant que sa plainte pour violation du secret de l’enquête et de l’instruction et pour diffamation, était toujours en cours.