VIDEO. Strasbourg: Relaxe pour les trois activistes alsaciens poursuivis pour avoir décroché un portrait de Macron

PROCES Le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé les trois activistes qui avaient décroché le portrait du président à Kolbsheim, dans le Bas-Rhin, le 5 mars

Nils Wilcke

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Les trois décrocheurs du portrait d'Emmanuel Macron à Kolbsheim à leur sortie du tribunal de grande instance de Strasbourg mercredi 26 juin.
Les trois décrocheurs du portrait d'Emmanuel Macron à Kolbsheim à leur sortie du tribunal de grande instance de Strasbourg mercredi 26 juin. — N.Wilcke/20 Minutes
  • Trois activistes qui avaient décroché le portrait du président à Kolbsheim, dans le Bas-Rhin, le 5 mars, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Strasbourg. 
  • « On cherche à criminaliser les militants écologistes », a plaidé Me Florence Dole, l’un des deux avocats de la défense.
  • Le tribunal a relaxé les prévenus, considérant que l’élément intentionnel du vol faisait défaut, le maire de Kolbsheim étant informé du projet de décrochage.

Leur action avait été largement médiatisée et ils avaient annoncé leur intention de faire de ce procès une « tribune ». Sur le plan de la communication, leur pari semble gagné : le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé ce mercredi matin ces trois activistes pro-climat jugés pour avoir décroché le portrait d' Emmanuel Macron dans la mairie de Kolbsheim, dans le Bas-Rhin, le 5 mars dernier.

Hasard du calendrier, le procès s’est ouvert alors que la première vague de chaleur caniculaire s'est abattue sur la région. De quoi alimenter le discours pro-climat de ces activistes. Il fait déjà 30 °C à l’extérieur de la salle quand le procès démarre, à 9h. La procureure s’évente, malgré la climatisation qui amène un peu de fraîcheur.

A la barre, Michaël Kugler, 30 ans, entouré des deux autres prévenus, Lucille Auger, 24 ans et Sylvain Metz, 36 ans, détaille le mode opératoire des activistes. « C’était une idée collective, on s’est coordonnés entre nous, raconte Michaël Kugler. Mais nous étions dans une logique de non-violence ». Pourquoi avoir choisi Kolbsheim ? « C’est un lieu hautement symbolique, c’est le cœur de la lutte contre le grand contournement ouest (CGO) », explique ce chargé de recherches à l’IRCAD.

« On cherche à criminaliser les militants écologistes »

« J’ai décroché le portrait d’Emmanuel Macron pour dénoncer l’inaction climatique du gouvernement », a déclaré Lucille Auger. L’audience s’est concentrée sur le chef d’inculpation de « vol en réunion ». Le président du tribunal observe que la plainte déposée après l’action du 5 mars n’émanait pas du maire de Kolbsheim. Les gendarmes s’étaient ensuite rendus sur place pour vérifier que le portrait avait bien été rendu, comme l’avaient annoncé les activistes. « C’est une première et c’est un curieux procédé », ajoute le magistrat.

« On cherche à criminaliser les militants écologistes », plaide Me Florence Dole, l’un des deux avocats de la défense. « On leur reproche d’avoir une opinion dissidente face au gouvernement, c’est une résurgence du délit d’opinion », ajoute-t-elle. Avec son collègue Me François Zind, l’avocate a sollicité la relaxe des trois prévenus. Pour eux, il s’agissait d’une « action de désobéissance civile » et non d’un vol, citant des principes garantis par la Charte de l'environnement de 2004.

Le maire de Kolbsheim était informé

Le tribunal a suivi la défense, considérant que l’élément intentionnel du vol faisait défaut, le maire de Kolbsheim étant informé du projet de décrochage. Michaël Kugler a toutefois été condamné pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement d’ADN, mais est dispensé de peine.

« Cette relaxe, ça fait énormément de bien. C’est bon pour le mouvement aussi, ça veut dire que notre action est reconnue », a confié à 20 Minutes Lucille Auger à l’issue de l’audience. Les trois activistes, soutenus par des militants de différents collectifs et associations pro-climat dont ANV-Cop 21 qui a lancé cette campagne de décrochages, sont sortis du tribunal sous les acclamations de leurs soutiens.