Strasbourg: Jugés pour avoir décroché des portraits de Macron, trois activistes dénoncent un «procès politique»

PROCES Trois activistes seront jugés mercredi à Strasbourg pour avoir « réquisitionné » le portrait d'Emmanuel Macron le 5 mars 2019

Nils Wilcke

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De gauche à droite, Michael Kugler, Lucille Auger et Sylvain Metz, jugés pour « vol en réunion » à Strasbourg, pour avoir décroché un portrait d'Emmanuel Macron.
De gauche à droite, Michael Kugler, Lucille Auger et Sylvain Metz, jugés pour « vol en réunion » à Strasbourg, pour avoir décroché un portrait d'Emmanuel Macron. — N.Wilcke/20 Minutes
  • Trois activistes comparaîtront devant le tribunal de grande instance de Strasbourg le 26 juin pour avoir « réquisitionné » le portrait d’Emmanuel Macron dans la mairie de Kolbsheim, le 5 mars 2019.
  • Une action qui s’inscrit dans la lignée des 61 autres décrochages qui ont eu lieu le même jour à travers la France dans le cadre de la campagne « Décrochons Macron » du mouvement ANV COP21.
  • Pour les militants, ce procès leur permettra d’attirer l’attention sur leur mouvement et de s’exprimer.

Trois activistes comparaîtront devant le tribunal de grande instance de Strasbourg le 26 juin pour avoir « réquisitionné » le portrait d' Emmanuel Macron dans la mairie de Kolbsheim, dans le Bas-Rhin, le 5 mars 2019.

Michaël Kugler, Lucille Auger et Sylvain Metz sont convoqués devant la justice pour « vol en réunion ». « On est juste allés dans la mairie, on l’a décroché et on l’a emporté sur le chantier du grand contournement ouest (CGO) », raconte Lucille Auger, l’une des activistes lors d’une conférence de presse le 19 juin dernier. Sur le moment, il ne s’est rien passé. Mais on a vu les gendarmes sur place qui surveillaient le chantier, on savait qu’ils avaient tout observé. « Trois semaines après, on était convoqués », précise-t-elle.

« Je trouve cela disproportionné »

Une action qui s’inscrit dans la lignée des 61 autres décrochages qui ont eu lieu le même jour à travers la France dans le cadre de la campagne « Décrochons Macron ». Laquelle a pour objectif de représenter « le vide de la politique climatique de l’exécutif actuel », dont le CGO n’est que l’une des nombreuses manifestations, selon Clément Charbonnier, porte-parole de l’ANV-COP21 Strasbourg.

« Je trouve cela disproportionné par rapport à ce que l’on a fait. Mais je prends ce procès comme un cadeau. Cela nous permet de nous exprimer », affirme de son côté Sylvain Metz, l’un des trois décrocheurs. « C’est clairement un procès politique mais on assume », ajoute Lucille Auger. Ils risquent cinq ans de prison et 250.000 euros d’amende.

Dix procès prévus en France

« 99 militants ont été auditionnés en France, dont 60 placés en garde à vue et 50 perquisitionnés à leur domicile », depuis le début de la campagne du mouvement, indique Michael Kugler. Le procès des activistes à Strasbourg est le second des dix procès déjà prévus en France. Deux autres activistes alsaciens doivent être jugés le 9 octobre à Mulhouse.

Le premier procès s’était déroulé le 28 mai à Bourg-en-Bresse (Ain), en présence d’un comité de soutien de 500 personnes. Cinq militants avaient alors été condamnés, à 500 euros d’amende avec sursis et un sixième à 250 euros d’amende.