Agression à la prison du Havre: Le détenu mis en examen pour «tentative d'assassinats» à caractère terroriste

JUGEMENT Ce n'est pas la première fois qu'il passe devant la justice

J.-L.D. avec AFP
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Deux surveillants de la prison du Havre ont été agressé par un détenu qui a hurlé "Allah akbar"
Deux surveillants de la prison du Havre ont été agressé par un détenu qui a hurlé "Allah akbar" — BEAUFILS/SIPA

Le détenu, déjà condamné dans une affaire liée au terrorisme et qui a agressé ce jeudi deux surveillants au centre pénitentiaire du  Havre, a été mis en examen ce dimanche pour « tentative d’assassinats à caractère terroriste » et de nouveau écroué, a-t-on appris de source judiciaire.

Mohammed Taha El Hannouni, 25 ans, purgeait au Havre une condamnation à sept ans de prison pour s’être rendu dans les zones de combats djihadistes en Syrie en 2014. Jeudi, à l’ouverture de sa cellule à 7 heures, le détenu avait frappé et légèrement blessé les deux agents avec un pied de la table en fer de la cellule.

Déjà condamné

Selon les syndicats, il avait crié à plusieurs reprises « Allahou Akbar ». Il avait aussi utilisé un morceau de miroir, selon le syndicat FO. Ecroué en 2015 à son retour de Syrie puis condamné en juillet 2017 par le tribunal de Paris pour « association de malfaiteurs terroriste », il était libérable en 2022. Les deux surveillants agressés étaient sortis de l’hôpital dans la journée de jeudi, selon la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP).

L’enquête avait d’abord été ouverte pour « violences volontaires », des faits de droit commun, et reprise par la section antiterroriste du parquet de Paris. Le lendemain, celle-ci avait requalifié les faits en acte terroriste, au vu des « premiers éléments de l’enquête », notamment des témoignages qui laissent supposer une intention d’homicide et une préméditation, selon le parquet.

Sa compagne tuée dans l’assaut

Placé en garde à vue, il a été présenté ce dimanche à un juge d’instruction antiterroriste qui l’a mis en examen pour « tentative d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste », a précisé la source judiciaire. Début mars, à Condé-sur-Sarthe (Orne), Michaël Chiolo, détenu radicalisé, avait agressé deux surveillants avec un couteau en céramique avant de se retrancher avec sa compagne pendant près de 10 heures dans une unité de vie familiale de la prison.

Blessé lors de l’assaut des forces d’élite de la police, il a été mis en examen fin mai, notamment pour « tentative d’assassinats sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste ». Sa compagne avait, elle, été tuée lors de l’assaut.