VIDEO. Calais: Relaxe d'un bénévole britannique poursuivi pour violence envers un policier

JUSTICE Le tribunal de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, a relaxé, jeudi, un bénévole britannique qui vient régulièrement en aide aux migrants à Calais

G.D. avec AFP

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Le Britannique Tom Ciotkowski est bénévole auprès des migrants à Calais.
Le Britannique Tom Ciotkowski est bénévole auprès des migrants à Calais. — Capture d'écran
  • Un bénévole britannique, qui vient régulièrement en aide aux migrants à Calais, était jugé pour outrage et violence envers un policier.
  • Le jeune homme, âgé de 30 ans, a été relaxé par le juge, alors que le procureur avait demandé quatre mois de prison avec sursis.
  • Le prévenu était soutenu par l’ONG Amnesty International.

Il était poursuivi pour outrage et violence envers un policier. Le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, a relaxé, jeudi, un bénévole britannique venant en aide aux migrants à Calais. Le procureur avait requis quatre mois de prison avec sursis.

Le 31 juillet 2018, une patrouille de la CRS 40 se rend sur un rond-point en contrebas de la rocade de Calais et demande aux migrants de partir pour que les services de la ville nettoient sous le pont.

Traité de « bitch bastard »

Selon le procès-verbal dressé par le brigadier-chef, ils sont alors rejoints par des bénévoles anglais « véhéments » à l’encontre des forces de l’ordre. Tom Ciotkowski, 30 ans, le « repousse fermement au niveau de la poitrine », selon la version du CRS, et traite de « bitch bastard » ce policier qui, dans un réflexe de défense, le repousse à son tour.

Le prévenu tombe alors à la renverse par-dessus la glissière de sécurité, entraînant dans sa chute le policier, affirment également deux autres CRS de la même compagnie.

Une version contestée par la défense, soutenue par Amnesty international. Le prévenu affirme lui être descendu d’un fourgon de l’association Help Refugees lorsqu’il a vu d’autres bénévoles, qu’il dit ne pas connaître, contrôlés par des CRS.

« Je lui ai demandé son matricule »

« Les CRS sont venus vers nous. L’un d’eux a donné un coup de pied à un bénévole, je filmais à distance et j’ai dit "c’est illégal" (…) Je lui ai demandé son matricule, que j’ai lu à haute voix. Il m’a repoussé en arrière et je suis tombé », a raconté cet employé municipal lors de l’audience, le 13 juin.

« Nous nous réjouissons de cette décision d’un magistrat indépendant qui met en échec la tentative de criminalisation d’un aidant », ont déclaré ses avocats William Bourdon et Apolline Cagnat.

Tom Ciotkowski a déposé plainte, le 7 mai, contre le brigadier-chef pour violences volontaires, faux en écriture publique et dénonciation calomnieuse, et pour faux contre les deux autres CRS. Le parquet a saisi l’Inspection générale de la police nationale, qui doit rendre ses conclusions d’ici à la fin de l’année.