VIDEO. Affaire des écoutes: Son ultime recours rejeté, Nicolas Sarkozy sera donc jugé pour corruption

PROCES Pour la première fois sous la Ve République, un ancien président sera jugé pour corruption

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Sarkozy, le 20 avril 2018.
Nicolas Sarkozy, le 20 avril 2018. — ERIC PIERMONT / AFP

Une première dans l’histoire de la Ve République. Après le rejet, par la Cour de cassation, de l'ultime recours de Nicolas Sarkozy dans l’affaire des écoutes, l’ancien président sera donc jugé pour corruption, ont annoncé des sources concordantes, ce mercredi.

Ce mardi, la Cour de cassation a rejeté les derniers recours formés par Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l’ex-haut magistrat Gilbert Azibert pour éviter un procès pour « corruption » et « trafic d’influence », entraînant leur renvoi devant le tribunal correctionnel.

Thierry Herzog et Gilbert Azibert jugés aussi pour « violation du secret professionnel »

Nicolas Sarkozy, retraité politique depuis sa défaite à la primaire de la droite fin 2016, est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir début 2014, via son avocat Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert dans une procédure concernant la saisie de ses agendas dans l’affaire Bettencourt – soldée pour lui par un non-lieu en 2013 – en échange d’un coup de pouce pour un poste prestigieux à Monaco.

Au terme de leur instruction, émaillée de nombreux recours, les juges avaient ordonné le 26 mars 2018 un procès pour « corruption » et « trafic d’influence » contre les trois hommes, conformément aux réquisitions du parquet national financier (PNF) en octobre 2017. Thierry Herzog et Gilbert Azibert seront aussi jugés pour « violation du secret professionnel ».

Un procès qui devrait avoir lieu dans les prochains mois

Mardi, la Cour de cassation avait déjà rejeté les recours de Nicolas Sarkozy et de Thierry Herzog contre le réquisitoire du PNF, et validé la tenue du procès pour Gilbert Azibert. La haute juridiction avait aussi examiné, dans une procédure rapide, les pourvois de Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog visant à contester leur renvoi devant le tribunal correctionnel. Elle les a rejetés dans la foulée, ce qui valide définitivement la tenue du procès, selon une source proche du dossier et l’un des avocats de la défense.

L’affaire trouve son origine dans des écoutes téléphoniques de l’ex-chef de l’Etat diligentées dans une autre enquête, celle sur les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007. Grâce à ces écoutes, les enquêteurs s’étaient aperçus que l’ancien président et son avocat communiquaient via des téléphones portables acquis sous une fausse identité, notamment celle de Paul Bismuth pour Nicolas Sarkozy.