Un prêtre catholique. Illustration.
Un prêtre catholique. Illustration. — Konrad K. / Sipa

JUSTICE

Rennes: Cinq ans requis contre un prêtre accusé d’agression sexuelle sur un mineur

Les faits se seraient déroulés en 2004 lors d'un séjour à Rome et se seraient poursuivis ensuite en Bretagne

Un prêtre de 46 ans, le père Gaël Carissan, était jugé lundi devant le tribunal correctionnel de Rennes pour avoir agressé sexuellement un adolescent de 15 ans en 2004 à Rome puis à Rennes. Lors de l’audience, l’accusé, exclu depuis 2008 de tout ministère public mais qui perçoit toujours son traitement du diocèse, a reconnu des actes qui n’étaient « pas conformes à la morale catholique » mais qui étaient « consentis » selon lui.

Les faits remontent à près de 15 ans. Le plaignant, aujourd’hui âgé de 31 ans, était parti à Rome seul avec le prêtre, qu’il considérait comme « son père spirituel ». Alors qu’ils partageaient une chambre dans un couvent, le prêtre aurait alors abusé de lui. « Je suis resté longtemps dans la salle de bains, accroupi, je tremblais, c’est un traumatisme. Je ne savais pas que faire, j’étais dans un couvent à Rome, à 2.000 kilomètres de chez moi… », a-t-il expliqué lors de l’audience.

L’attitude de l’évêque pointée du doigt

A Rennes, il continue de voir l’ecclésiastique et les attouchements sexuels se poursuivent. « A genou devant lui, je devais lui dire pardon. Et il me donnait l’absolution et me demandait de ne pas me confesser à d’autres prêtres », a-t-il raconté. La victime a également pointé du doigt l’attitude de l’évêque, Monseigneur Pierre d’Ornellas, cité comme témoin. « Il m’avait déconseillé de porter plainte et je tiens à le signaler », a indiqué à la barre Dominique (prénom d’emprunt), qui avait finalement déposé plainte à Saint-Malo en 2010, deux ans après avoir révélé les faits à un prêtre de Dinard.

« J’ai toujours pensé que Dominique devait porter plainte », a assuré de son côté le prélat. « C’est inacceptable qu’un prêtre ait des relations sexuelles avec un jeune, je l’ai sanctionné tout de suite en le privant de son ministère » et en demandant un suivi psychologique, a-t-il affirmé.

Le délibéré rendu le 4 juillet

Avant les plaidoiries, le père Carissan a demandé « pardon », évoquant « toutes les conséquences dévastatrices » que son comportement avait eues sur le jeune homme. A l’issue de l’audience, le procureur a requis cinq ans d’emprisonnement contre le prêtre, dont trois avec sursis. Le jugement a été mis en délibéré au 4 juillet.