Bordeaux: Quatre hommes jugés devant les Assises pour la (longue) séquestration d’un riche Toulousain

JUSTICE A partir de ce lundi trois hommes seront jugés pour avoir enlevé et séquestré en 2015 un homme d’affaires toulousain. Un quatrième comparaît pour recel de pièces d’or

20 Minutes avec AFP

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Illustration: La balance de la justice.
Illustration: La balance de la justice. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA
  • La Cour d’assises de la Gironde juge à partir de ce lundi quatre hommes poursuivis après la séquestration d’un homme d’affaires toulousain en 2015 à qui des sommes d’argent et des pièces d’or ont été extorquées.
  • Les ravisseurs ont contraint le Toulousain à ouvrir des comptes bancaires à l’étranger et à effectuer plusieurs transactions en leur faveur.
  • Le procès se tiendra jusqu’au 1er juillet à Bordeaux.

A partir de ce lundi, la cour d’assises de Bordeaux juge trois hommes au très lourd passé judiciaire, soupçonnés d'avoir, en 2015, enlevé et séquestré en Espagne pendant sept semaines un riche Toulousain.

Ils sont principalement poursuivis pour l’enlèvement, séquestration de Christian Bec, aujourd’hui âgé de 61 ans.

Un rendez-vous sur Le bon coin

Tout débute par un simple rendez-vous pris en avril 2015 via le site internet Le bon coin. Christian Bec, agriculteur céréalier et marchand de biens, rencontre le 22 mai un potentiel acheteur d’un terrain à Escalquens, près de Toulouse.

Mais une fois entré dans la ferme, des hommes encagoulés et armés l’enlèvent. Après avoir passé deux nuits en ce lieu et à son domicile, il est emmené jusqu’à son appartement en Espagne, à Playa de Aro, entre Barcelone et la frontière française. S’ensuit un périple de sept semaines, principalement en Catalogne, qui prend fin sur la Costa del Sol le 10 juillet.

Pas de violences sur leur otage

L’homme d’affaires est contraint par ses ravisseurs, dont il ne voit jamais le visage, d’ouvrir plusieurs comptes en banque à l’étranger, de réaliser des transactions bancaires dont  l'achat de pièces et lingots d'or provenant de Belgique.

Durant ces sept semaines de séquestration, il communique, notamment avec sa compagne, par SMS pour ne pas susciter d’inquiétude. Christian Bec ne subit pas de violences physiques mais vit dans des conditions difficiles. Outre les menaces de mort, il est ligoté dans le coffre de sa voiture, entravé, encagoulé et attaché à un lit.

Une fois libéré, il rentre chez lui mais son calvaire continue car ses ravisseurs maintiennent la pression et les menaces, lui donnant des ordres pour continuer les virements : il doit verser jusqu’au mois d’octobre deux millions d’euros. Mais au bout d’une semaine, l’ancien otage se reprend et cesse ses versements après avoir tout révélé à sa compagne.

Sa famille menacée

Souffrant de stress post-traumatique et d’un début de syndrome de Stockholm, il refuse dans un premier temps de porter plainte pour ne pas « trahir » ses ravisseurs et par peur des représailles, selon les enquêteurs.

« J’ai subi des menaces sur les membres de ma famille et moi-même si je n’obtempérais pas. J’ai subi un contrôle permanent par téléphone. En tout cas, ils m’avaient fait croire qu’ils pouvaient contrôler toutes mes conversations téléphoniques et informatiques et que j’étais physiquement surveillé », confie-t-il lors de l’enquête.

Les cinq hommes sont finalement arrêtés en France et en Espagne le 5 septembre 2015 et mis en examen, tout comme le frère de l’organisateur, poursuivi pour recel. L'un des ravisseurs s'est suicidé en prison, disant dans un courrier ne plus pouvoir « se regarder en face », et un autre complice, simplement poursuivi pour avoir participé à une association de malfaiteurs, a bénéficié d’un non-lieu.