Lyon: Des peines allant jusqu'à la prison ferme requises contre les policiers jugés pour corruption

PROCES Sept policiers comparaissent à Lyon depuis lundi pour des faits présumés de corruption

20 Minutes avec AFP

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Le palais de justice de Lyon Illustration.
Le palais de justice de Lyon Illustration. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Sept policiers, qui travaillaient à Vénissieux en 2011, et cinq autres prévenus sont jugés pour corruption et divulgation d’informations confidentielles cette semaine à Lyon.
  • Les agents sont poursuivis pour avoir livré des informations à deux frères, leur assurant une « immunité pénale » et protégeant ainsi les deux plus jeunes de la fratrie.

La procureure a dénoncé ce vendredi un « système quasi mafieux ». Des peines allant jusqu’à la prison ferme et l’interdiction définitive d’exercer ont été requises, vendredi à Lyon, contre sept policiers soupçonnés de corruption et de complaisance envers une fratrie sulfureuse.

Depuis lundi, treize prévenus, dont sept policiers du commissariat de Vénissieux (Rhône), comparaissent devant le tribunal correctionnel pour avoir bénéficié de petits arrangements entre « amis » et favorisé trois frères défavorablement connus des services de police.

L’affaire dite des « ripoux de Vénissieux » avait éclaté en 2012, un an après l’arrestation pour corruption du commissaire Michel Neyret. Malgré l’abandon partiel des charges, « les faits reprochés restent particulièrement graves car ils dégradent l’image de la police et ils rompent le lien de confiance entre la police et la justice », a déclaré dans son réquisitoire la procureure Emmanuelle Jouffrey. La magistrate a dénoncé un « système quasi mafieux où le mélange des genres est permis », fustigeant des faits de « corruption à la petite semaine ».

Des interdictions définitives d’exercer requises

S’agissant des policiers, la peine la plus sévère, trois ans de prison dont deux avec sursis et l’interdiction définitive d’exercer sa profession, a été réclamée à l’encontre d’un fonctionnaire accusé notamment de « corruption passive ». Pour ses six collègues, des peines de prison avec sursis, allant d’un à trois ans, ont été demandées, assorties d’interdiction définitive d’exercer pour quatre d’entre eux et d’interdiction d’un et cinq ans pour les deux autres.

Contrôle routier sans suite malgré un permis de conduire invalide, divulgation de renseignements confidentiels, consultations de fichiers font partie des violations du secret professionnel reprochées aux fonctionnaires. Ces derniers avaient également bénéficié de prix sur des téléphones et du matériel électroménager, par l’intermédiaire d’un des frères. Mais l’existence de factures pour la plupart n’a pas permis de caractériser un pacte de corruption.

Quatre ans de prison ont été requis contre leur principal corrupteur présumé, qui comparaît alors qu’il est détenu pour une autre affaire. Des peines allant d’un an de prison avec sursis à un an ferme, ont été réclamées contre ses deux frères et deux autres prévenus, auxquels la justice reproche essentiellement des faits d’abus de confiance.

Un dossier « fantasmé », pour l’avocat d’un policier

Estimant que ce dossier a été « fantasmé » et s’interrogeant sur la « nécessité d’un procès », l’avocat d’un fonctionnaire, Me Laurent Bohé, a plaidé qu’il s’agissait de « choses qui se passent habituellement dans le monde des policiers ».

« On leur demande de tout savoir et d’être dans une certaine distanciation », a-t-il ajouté, pointant une situation de « dilemme ». Le procès doit se poursuivre mardi.