Gironde: Poursuivis pour diffamation par Robert Ménard, deux élus relaxés

JUSTICE Aziz Skalli (LREM) et Fabien Robert (MoDem) étaient poursuivis par le maire de Béziers, en raison de leur communiqué dénonçant sa venue en Gironde

20 Minutes avec AFP

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Aziz Skalli (à gauche) et Fabien Robert.
Aziz Skalli (à gauche) et Fabien Robert. — M.Bosredon/20Minutes/
  • Les deux élus avaient rédigé un communiqué dénonçant la venue de Robert Ménard à Saint-André-de-Cubzac en mai 2018.
  • La réunion avait été très houleuse.
  • Le maire de Béziers estimait que les propos des deux élus girondins avaient permis ce climat hostile à son égard.

Deux élus girondins, poursuivis pour diffamation par le maire de Béziers Robert Ménard (proche du RN), pour des propos à l’occasion de sa venue en Gironde en mai 2018, ont été relaxés jeudi par le tribunal correctionnel de Bordeaux.

Les deux élus, le premier adjoint (MoDem) au maire de Bordeaux Fabien Robert, et Aziz Skalli, référent départemental LREM et conseiller municipal de Lormont, avaient été mis en examen et renvoyés au tribunal à la suite d’une plainte de l’élu héraultais.

Le rassemblement avait tourné à la bousculade

A l’origine de la plainte, un communiqué dans lequel les élus girondins regrettaient la venue de Robert Ménard à Saint-André-de-Cubzac pour une réunion-débat sur l’union des droites. A son arrivée, il avait été accueilli par une soixantaine de personnes hostiles à sa venue, un rassemblement qui avait tourné aux invectives puis à une brève bousculade, où quelques coups avaient été portés.

Lors d’une procédure distincte en février, un quinquagénaire a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour « violences en réunion » ce jour-là, et à verser 4.500 euros de dommages et intérêts à Robert Ménard, pour préjudices corporel et moral.

Pour le maire de Béziers, le communiqué des deux élus avait attisé ce climat d’hostilité

Mais le maire de Béziers estimait que le communiqué de Fabien Robert et Aziz Skalli avait attisé ce climat d’hostilité, car « d’autres [avaient] conclu en toute impunité, jusqu’à ce qu’un tribunal les condamne, qu’on pouvait venir me casser la figure ».

« Un élu ne peut pas dire n’importe quoi », avait-il résumé après l’audience de diffamation en mai, en référence à des termes du communiqué, évoquant une « méthode Ménard revendiquée », allant de la « création d’une milice » à un « recensement ethnique ».

Les élus, eux, avaient plaidé être restés « dans le débat public et politique » et dénonçaient chez Robert Ménard « l’usage de la justice pour museler ce débat ».

Pas de caractère diffamatoire pour le tribunal

Le tribunal a estimé que le communiqué anti-Ménard portait sur une « reprise d’informations publiques (…) donnant régulièrement lieu à débat politique » et dont ne peut résulter « de caractère diffamatoire, s’agissant d’une personnalité politique rompue à l’art de la communication, gérant les événements dans le cadre de la médiatique arène politique, et s’exposant inévitablement plus que d’autres ».

Il a aussi relevé un problème de procédure, en l’occurrence une « non-conformité » entre les propos effectivement tenus, et ceux visés par le réquisitoire et l’ordonnance de renvoi, qui ont notamment « donné d’office un sens péjoratif au terme milice ».

L’avocat de Robert Ménard, Me Sébastien Journé, a expliqué que son client n’avait pas encore pris de décision mais qu’il « pensait très sérieusement » faire appel.