Notre-Dame-des-Landes: Un couple de riverains de la ZAD réclame 382.000 euros à l'Etat

NOTRE-DAME-DES-LANDES Le couple de retraités, qui possède un ancien corps de ferme près de Notre-Dame-des-Landes, se présente comme «des victimes quotidiennes d’actes de délinquance»

J.U. avec AFP

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Les époux Lamisse, ici en 2016 dans leur propriété
Les époux Lamisse, ici en 2016 dans leur propriété — JS Evrard/AFP
  • Les époux Lamisse, qui habitent à Nantes, sont propriétaires d'un corps de ferme qui est toujours la cible de dégradations.
  • Après une trentaine de plaintes déposées, ils viennent de saisir le tribunal administratif de Nantes.

Un couple de retraités, dont la propriété jouxte la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, a annoncé mercredi avoir saisi le tribunal administratif de Nantes. Leur objectif : demander 382.000 euros à l’État à la suite d’infractions répétées qui les ont poussé à quitter les lieux.

« Après une trentaine de plaintes déposées pour dégradations, vandalisme, pillages, effractions, squats, vols, dans notre maison située en bordure de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, nous avons décidé d’attaquer l’État pour faute, rupture d’égalité devant les charges publiques, préjudice, préjudice de jouissance, préjudice moral, préjudices matériels », a déclaré dans un communiqué Guy Lamisse, le propriétaire.

Ils vivent « un cauchemar »

Le couple de retraités, qui réside désormais à Nantes, possède un ancien corps de ferme familial composé de deux maisons d’habitation, situé à Vigneux-de-Bretagne, commune voisine de Notre-Dame-des-Landes. La propriété est proche d’une route départementale incluse dans le périmètre de la « zone à défendre » sur laquelle se sont établis des opposants au projet de transfert de l' aéroport Nantes-Atlantique.

« Malgré l’abandon du projet de construction de l’aéroport, la zone n’a pas été libérée si bien (qu’ils) restent des victimes quotidiennes d’actes de délinquance, de vandalisme ou d’intimidation », a indiqué Jean-Marc Le Masson, leur avocat, dans la requête adressée au tribunal administratif. Les époux Lamisse vivent « un cauchemar » depuis 2010 qui les a contraints à « condamner l’accès à leurs propres maisons » : ils ne s’y rendent plus que pour « surveiller les lieux et éviter leur dégradation », a-t-il ajouté.

Déjà une pétition, en 2016

En 2016, «une pétition de 1.628 signatures de riverains dénonçant les exactions des zadistes » avait été remise à la préfecture de Loire-Atlantique, a rappelé Guy Lamisse, autrefois porte-parole du Collectif des riverains de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. « Nous ne pouvons que constater que l’État accorde une plus grande écoute et bienveillance aux zadistes et hors-la-loi qu’aux braves gens qui paient leurs impôts et subissent », a-t-il ajouté.

Quelque 200 zadistes occupent toujours le périmètre de la ZAD, dont 895 hectares ont été rétrocédés fin mars au conseil départemental de Loire-Atlantique. La collectivité s’est engagée à signer une quarantaine de baux ruraux avec des agriculteurs historiques et des porteurs de projet d’ici la fin de l’été. Vingt-et-un ont déjà été approuvés, selon ses services.