Seine-Saint-Denis: L'enquête sur la mort d'un homme étranglé lors de son arrestation a été confiée à un juge

ENQUETE La victime, âgée de 36 ans, a succombé à une « asphyxie mécanique » selon l’autopsie

20 Minutes avec AFP

— 

Une voiture de police (Illustration).
Une voiture de police (Illustration). — Caroline Girardon

Un juge d’instruction va enquêter sur les causes de la mort d’un homme de 36 ans qui a succombé, selon l’autopsie, à une « asphyxie mécanique » après son interpellation en Seine-Saint-Denis, a-t-on appris mercredi auprès du parquet de Bobigny.

Son décès avait été constaté à Drancy dans la nuit du 23 au 24 mai. Un policier avait pratiqué un « étranglement » pour le maîtriser alors qu’il tentait de s’introduire chez son ex-épouse, selon un communiqué du parquet du 24 mai.

« Recherche des causes de la mort »

L’autopsie attribue sa mort à une « asphyxie mécanique par compression cervicale associée à un traumatisme crâno-facial », a indiqué le parquet à l’AFP mercredi. L’analyse toxicologique « a par ailleurs révélé que la somme des toxicités de l’alcool et de la cocaïne retrouvés dans le sang de l’homme a pu être à l’origine d’une intoxication aiguë », a-t-il ajouté.

Le parquet, qui avait saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), a décidé que l’enquête pour « recherche des causes de la mort » se poursuivrait sous l’autorité d’un juge d’instruction.

Pas de suspension

Les fonctionnaires intervenus cette nuit-là n’ont pas été suspendus, selon une source policière. Dans son communiqué du 24 mai, le parquet avait rapporté que trois policiers avaient tenté « d’interpeller l’homme qui se débattait. L’un d’eux pratiquait alors un étranglement qui permettait de maîtriser le mis en cause », qui « sombrait rapidement dans l’inconscience ».

Le parquet ajoutait que l’homme devait être jugé fin mai pour des « faits de violences conjugales sur la personne de son ex-conjointe ». Il avait été placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’entrer en contact avec elle ou de se présenter à son domicile. Cette dernière a expliqué la semaine dernière à l’AFP avoir appelé la police pour que le trentenaire – qui avait des problèmes d’addiction et ne supportait pas la séparation – soit « placé en cellule de dégrisement ».