Béziers: Robert Ménard définitivement relaxé pour ses propos sur les enfants musulmans

JUSTICE L’élu était poursuivi pour avoir notamment suggéré qu’il avait trop d’enfants musulmans dans les écoles de sa commune

N.B. avec AFP

— 

Robert Ménard.
Robert Ménard. — N. Bonzom / Maxele Presse

La cour de cassation a rejeté mardi le pourvoi d’associations de lutte contre le racisme après la relaxe Robert Ménard, le maire extrême droite de  Béziers, jugé pour avoir suggéré qu’il y avait trop d’enfants musulmans dans les écoles de sa ville, indique l’AFP. En première instance en 2017, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné à 2.000 euros d’amende pour provocation à la haine et la discrimination.

La cour d’appel de Paris avait infirmé ce jugement un an plus tard, faisant valoir que la jurisprudence exigeait désormais que les propos incriminés contiennent « une exhortation éventuellement implicite » à la haine ou à la discrimination pour que le délit de « provocation » soit constitué, ce qui n’était pas, selon eux, pour Robert Ménard.

Deux déclarations

Le maire de Béziers, élu en 2014 avec le soutien du Front national, était poursuivi pour avoir publié sur Twitter le 1er septembre 2016 le message suivant :

Il était aussi jugé pour avoir dit sur LCI, le 5 septembre : « Dans une classe de centre-ville de chez moi, 91 % d’enfants musulmans. Évidemment que c’est un problème ».

« Oui, en France, on a le droit de dire les choses »

Dans son arrêt rendu mardi, la Cour de cassation a confirmé qu'« aucun des deux passages incriminés » ne contenait « un appel ou une exhortation, même implicitement formulés, à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes déterminées ». Les sept associations antiracistes qui s’étaient constituées partie civile, dont la Licra, le Mrap, la Ligue des droits de l’Homme, SOS Racisme et la Maison des potes, sont ainsi définitivement déboutées.

Dans un communiqué publié mardi soir, la commune de Béziers se réjouit de cet arrêt rendu par la cour de cassation. « Que signifie cette décision ? Qu’il est encore possible de débattre. Qu’il est encore autorisé de décrire le réel. Oui, en France, on a le droit de dire les choses, sans être honteusement accusé des pires intentions. »