SNCF: Perquisitions dans une enquête sur des irrégularités dans une filiale du groupe

AIGUILLAGE Un contrat avec IBM est au centre des interrogations

20 Minutes avec AFP

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Le siège de la SNCF à Paris.
Le siège de la SNCF à Paris. — Mario Fourmy/SIPA

Le siège de la SNCF et d’autres sites du groupe ont été perquisitionnés mardi dans le cadre d’une enquête préliminaire sur des irrégularités au sein d’une filiale du groupe en lien avec le groupe américain d’informatique IBM, a-t-on appris mercredi de sources concordantes. Les perquisitions ont notamment eu lieu au siège du groupe à Saint-Denis, ainsi qu’à Lyon, selon des sources proches du dossier, confirmant .

Un employé de la direction des achats, Denis Breteau, avait déposé une première plainte en octobre 2012 pour dénoncer ce qui relevait selon lui d’irrégularités au sein d’une filiale de la SNCF, la société Stelsia, en lien avec le groupe américain d’informatique IBM. Mais celle-ci avait été classée sans suite.

L’informatique à la loupe

Après une nouvelle plainte en 2013, le parquet national financier avait lancé en 2017 une enquête préliminaire. Entre 2009 et 2011, la SNCF et IBM avaient scellé un partenariat informatique qui devait permettre de réaliser des économies et d’augmenter le chiffre d’affaires du groupe ferroviaire.

L’alliance entre les deux entreprises, conclue fin 2009, avait vu la création de la filiale Stelsia, détenue à 51 % par la SNCF et chargée de piloter la sous-traitance informatique de l’entreprise ferroviaire. La SNCF souhaitait ainsi rationaliser sa gestion informatique et en réduire les coûts. Mais en décembre 2011, d’un commun accord, la SNCF et IBM avaient décidé de ne pas poursuivre leur partenariat en raison de « difficultés contractuelles », selon les syndicats.

Dénoncé depuis sa mise en place par les syndicats qui craignaient notamment des délocalisations, ce contrat devait générer 1,7 milliard d’euros en six ans. L’entreprise ferroviaire avait alors repris le contrôle de Stelsia. En avril 2019, les prud’hommes de Lyon avaient condamné la SNCF à réintégrer Denis Breteau, licencié fin 2018, auquel ils reconnaissent le statut de lanceur d’alerte.