Meurtre de Sophie Toscan du Plantier: Le Britannique Ian Bailey condamné à 25 ans de réclusion

PROCES Blanchi en Irlande mais accusé du meurtre en France, Ian Bailey ne s’est pas présenté à son procès devant la cour d’assises de Paris

20 Minutes avec AFP

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Ian Bailey arrive à la haute cour de justice de Dublin (Irlande), le 1er mars 2012.
Ian Bailey arrive à la haute cour de justice de Dublin (Irlande), le 1er mars 2012. — PETER MUHLY / AFP

Absent au procès qui s’est ouvert ce lundi, le Britannique Ian Bailey a été condamné, ce vendredi par la cour d’assises de Paris, à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre sauvage de la productrice française Sophie Toscan du Plantier. La jeune femme a été retrouvée morte, en 1996, en Irlande.

La cour a également délivré un nouveau mandat d’arrêt à l’encontre de l’ex-journaliste pigiste de 62 ans, que Dublin a refusé par deux fois d’extrader. Ian Bailey, qui clame son innocence et dénonçait une « parodie de procès », était jugé depuis lundi par défaut.

« Des éléments de preuves suffisants » pour condamner le Britannique

Le corps de la productrice française de 39 ans et femme du producteur de films Daniel Toscan du Plantier avait été découvert au matin du 23 décembre 1996 par une voisine, en contrebas de sa maison isolée de Schull, sur la côte sud-ouest de l’Irlande. Surprise chez elle, la jeune femme avait fui dans la lande et s’était considérablement débattue, mais a eu le crâne fracassé par une pierre plate et un parpaing.

Très vite suspecté par la police irlandaise, Ian Bailey avait été placé deux fois en garde à vue en 1997 et 1998, mais jamais poursuivi en Irlande, où il vit toujours, faute de preuves suffisantes. Il a toujours clamé son innocence. La cour a au contraire estimé qu’il y avait « des éléments de preuves suffisants » pour condamner l’accusé britannique, en dépit de ses « dénégations constantes ».

Un « crime atroce, barbare »

Cette condamnation est en deçà des 30 ans requis par l’avocat général Jean-Pierre Bonthoux, qui avait demandé la peine maximale pour ce « crime atroce, barbare ». La cour a pris en compte « l’extrême gravité des faits », mais aussi la personnalité « borderline » de l’accusé, son « comportement violent » envers sa compagne et son « obsession de la sexualité », retranscrite sur plusieurs pages de ses carnets intimes.

Malgré l’absence de preuve scientifique reliant le Britannique au crime – le corps de la victime avait été laissé dehors sous une bâche plus d’une journée, dans ce comté où le dernier meurtre remontait à 1922 –, « son absence d’implication ne résiste pas » aux preuves, a considéré la cour.

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