Intrusion au ministère de Griveaux: Le procès de quatre «gilets jaunes» a été annulé

CHARIOT ELEVATEUR C’est un défaut de procédure qui est en cause, mais un nouveau procès pourrait bientôt être convoqué

Rachel Garrat-Valcarcel

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Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a été évacué samedi 5 janvier 2019 de ses bureaux rue de Grenelle à Paris après une intrusion violente de «gilets jaunes».
Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a été évacué samedi 5 janvier 2019 de ses bureaux rue de Grenelle à Paris après une intrusion violente de «gilets jaunes». — AFP

Le procès de quatre « gilets jaunes » soupçonnés d’avoir forcé le 5 janvier l’entrée du ministère de Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement, a été annulé mercredi en raison d’un défaut de procédure. Les avocats de la défense contestaient la régularité de la procédure car ils n’avaient pas pu s’entretenir avec leurs clients au sortir de leur garde à vue. Après l’annulation de l’audience, le parquet a indiqué avoir l’intention de réclamer un nouveau procès.

Les quatre prévenus, trois hommes âgés de 22 à 35 ans et une femme de 47 ans, étaient poursuivis pour dégradations et pour le vol d’un chariot élévateur qui avait servi à enfoncer les portes en bois du ministère, rue de Grenelle à Paris, lors de l’acte 8 des « gilets jaunes ».

« Justice spectacle »

Devant le tribunal, les avocats des quatre manifestants ont également dénoncé « une volonté de rendre une justice spectacle », reprochant au parquet d’avoir demandé à juger ce dossier « de plus de mille pages » en comparution immédiate plutôt que de prendre le temps de confier l’enquête à un juge d’instruction. Ce procès avait déjà été renvoyé deux fois.

« Dans ce dossier, la justice a été instrumentalisée au service des forces policières », a réagi à l’issue de l’audience Bérenger Tourné, l’avocat d’un des prévenus. « Le parquet a voulu aller trop vite, c’est assez symptomatique de ce qui se passe depuis le mouvement des « gilets jaunes » », a réagi Martin Mechin, conseil d’un autre mis en cause. Pour lui, « le dossier était fragile » concernant les trois prévenus qui n’ont pas conduit le chariot. « Il n’est pas certain qu’ils seront à nouveau cités » à comparaître devant un tribunal, a-t-il affirmé.

L’annulation du procès « ne change rien à l’enquête et au dossier », a averti mercredi le procureur Pascal Besnier. Le parquet de Paris compte prendre des réquisitions pour réclamer un nouveau procès, a-t-il annoncé.