Var: Un homme jugé pour un trafic d’oiseaux estimé à 100.000 euros

JUSTICE Un quinquagénaire habitant dans le Var est jugé ce mercredi à Draguignan. Il est soupçonné d’être à l’origine d’un trafic d’oiseaux très fructueux

Adrien Max

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Un passereau paludicole.
Un passereau paludicole. — Ph.Pulce
  • Un quinquagénaire est jugé ce mercredi à Draguignan, dans le Var, il est suspecté d’avoir braconné des dizaines d’oiseaux.
  • Près de 400 oiseaux avaient été retrouvés à son domicile par les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).
  • Selon l’ONCFS et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), ce quinquagénaire est à l’origine d’un trafic d’oiseau très fructueux.

Un chiffre d’affaires probable de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Un éleveur d'oiseaux installé près des gorges du Verdon doit être jugé ce mercredi après-midi à Draguignan, dans le Var. Cet homme originaire de Belgique est soupçonné de trafic d’espèce protégée. Les enquêteurs de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ont découvert entre 300 et 400 oiseaux vivants à son domicile, essentiellement des passereaux.

« C’était un élevage en bonne et due forme, mais ce monsieur ne disposait d’aucune autorisation. Après des vérifications, nous nous sommes aperçus qu’il capturait certains oiseaux directement dans son jardin à l’aide de pièges très sophistiqués », détaille le chef de service de l’antenne varoise de l’ONCFS. La capture d’oiseau sauvage est formellement interdite par la loi.

Un « gros poisson » à 100.000 euros de chiffre d’affaires

Pour la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un « gros poisson ». « C’est l’un des plus gros éleveurs de France avec pas moins de 400 oiseaux. Il y a beaucoup d’élevages de ce type, mais il faut des autorisations », explique l’association.

Une activité qui se révèle encore plus bénéfique que le trafic de cannabis. « Le prix de ces oiseaux est très variable en fonction de leur couleur, de leur chant. Il peut aller de 250 euros à plus de 1.000 euros . Donc si on multiplie ça par 400 oiseaux, ça vous donne une idée », indique l’ONCFS.

Selon une estimation de l’époque, les recettes non déclarées aux impôts de l’éleveur s’élevaient à environ 100.000 euros par an. « Il s’agit de la plus belle prise de ces dix dernières années, qui est assez emblématique pour notre région », précise l’ONCFS.

- 30 % de passereaux

Ces animaux pouvaient être revendus à des particuliers, comme à des professionnels. « La possession de ce genre d’oiseau est très commune dans les pays du Maghreb, dans le sud de l’Espagne, en Italie, dans le Nord de la France et vers le Benelux. Mais des éleveurs professionnels peuvent aussi se fournir, notamment pour renouveler le patrimoine génétique de leur élevage », détaille la LPO.

Selon la ligue, ce genre d’activité a de graves conséquences sur la population de ces oiseaux. « On constate une diminution de 30 % des passereaux. Ce n’est pas que la faute des agriculteurs, ce genre d’élevage fait beaucoup de dégâts », regrette-t-on au sein de l’association. L’homme risque jusqu’à 150.000 euros d’amende et deux ans de prison. Sollicité, son avocat n’a pas donné suite à 20 Minutes. En janvier dernier, près de 2.000 pièges à oiseaux avaient été découverts chez un autre particulier varois.