Avignon : A 66 ans, il écope de 30 ans de prison pour avoir tué et jeté son frère dans un puits

ASSISES Au moment des faits, Dominique Brunel était hébergé par son frère Jean-Marc, de quatre ans son cadet

20 Minutes avec AFP

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L'avocate de l'accusé a annoncé son intention de faire appel. (Illustration).
L'avocate de l'accusé a annoncé son intention de faire appel. (Illustration). — M.LIBERT/20 MINUTES

Un sexagénaire a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Vaucluse, jeudi soir à Avignon, pour avoir tué son frère à coups de barre de fer, en octobre 2015, au domicile de ce dernier.

L’avocate générale avait requis la perpétuité sans fixer de période de sûreté. Nadia El Bouroumi, avocate de l’accusé Dominique Brunel, a annoncé son intention de faire appel. « Aujourd’hui, c’est de toutes les façons une condamnation de principe. Dominique Brunel a aujourd’hui 66 ans, et va mourir en prison. », a réagi Me El Bouroumi.

La préméditation retenue

La notion de préméditation a été retenue par les jurés, alors que la défense a invoqué, devant les enquêteurs puis pendant l’audience, la thèse d’une bagarre entre frères qui aurait mal tourné.

Parties civiles dans cette affaire de fratricide, Irène et Michel Brunel, parents du condamné et du défunt, aujourd’hui nonagénaires (95 et 91 ans), ont, après l’énoncé du verdict, quitté le palais de justice, discrètement, sans souhaiter réagir auprès de la presse.

Au moment des faits, Dominique Brunel était hébergé par son frère Jean-Marc, de quatre ans son cadet. Après avoir tué Jean-Marc, Dominique avait jeté son corps dans un puits.

Les parents arrêtent de financer le train de vie de l’aîné

Le lendemain, il avait demandé le transfert des fonds détenus par son frère sur son compte, puis avait rejoint le Panama, ce qui avait ralenti et complexifié le travail des enquêteurs. L’accusé a mis en avant, pendant l’audience, une amnésie partielle liée au déroulement des faits, après avoir affirmé avoir attaqué son frère « pour se défendre », a rapporté La Provence.

Dominique Brunel aurait nourri un sentiment d’injustice, estimant que son frère, qui dirigeait une entreprise de négoce de fromage, avait été favorisé dès l’enfance. Le déclenchement du cheminement criminel remonterait à 2014, lorsque ses parents ont arrêté de financer le train de vie de leur fils aîné, après lui avoir versé environ 100.000 euros entre 2004 et 2014.