Agression transphobe à Paris: L’avocat de la victime espère un «procès symbolique»

AGRESSION Julia Boyer, une femme transgenre de 31 ans, avait été prise à partie par un groupe d’hommes, lors d’une manifestation contre Abdelaziz Bouteflika, place de la République à Paris

Juliette Desmonceaux

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Un rassemblement contre la transphobie et en soutien à Julia, s'est tenu place de la République, le 9 avril à Paris.
Un rassemblement contre la transphobie et en soutien à Julia, s'est tenu place de la République, le 9 avril à Paris. — EMMA PROSDOCIMI/SIPA
  • Le 31 mars dernier, Julia Boyer, une femme transgenre, est agressée et insultée par plusieurs hommes, place de la République, à Paris. L’un d’eux lui assène plusieurs coups au visage, tandis que d’autres chantent un refrain humiliant.
  • Fait rare, l’agression est filmée par un témoin et largement diffusée sur les réseaux sociaux.
  • Un jeune homme de 23 ans, soupçonné d’avoir frappé la jeune femme, a été interpellé. Il comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris.

La vidéo avait fait le tour des réseaux sociaux et suscité l’indignation des associations et d’une part de la classe politique. Insultée et frappée sur la place de la République, 3e arrondissement de Paris, en mars dernier, Julia Boyer, une femme transgenre, va se confronter pour la première fois à son agresseur.

La personne interpellée, un homme de 23 ans, comparaît ce mercredi pour « violences commises en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre » au tribunal correctionnel de Paris. L’avocat de la victime espère un « procès symbolique », selon des propos recueillis par 20 Minutes.

« L’objectif n’est pas de punir, mais de sensibiliser l’opinion »

Le 31 mars dernier, Julia Boyer, 31 ans, sort de la bouche de métro de la place de la République, quand elle est interpellée par un groupe d’hommes qui manifestent contre l’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika. Insultes et chants humiliants se succèdent. La jeune femme reçoit ensuite plusieurs coups de poing au visage.

Filmée par un témoin, la scène fait le tour des réseaux sociaux. « La vidéo montre les violences dont sont victimes les personnes transgenres », souligne l’avocat auprès de 20 Minutes.

A la veille du procès, Julia Boyer a déclaré à l’AFP espérer une « peine exemplaire ». « C’est un procès symbolique », a ajouté son avocat à 20 Minutes. « Parce que l’agression a eu lieu sur la place de la République, au cœur de Paris et parce qu’elle a été filmée et vue par des milliers de personnes », a-t-il développé.

Il précise toutefois : « l’objectif n’est pas de punir, mais de sensibiliser l’opinion pour prévenir les violences contre les personnes transgenres. » En ce sens, les parties civiles ne demandent « aucune peine de prison » à l’encontre du prévenu, a expliqué l’avocat, mais qu’il suive un stage dans une association LGBT (lesbienne, gay, bi, trans).

L’homme interpellé a reconnu les faits. Il encourt trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.