Dépakine: Une victime indemnisée à hauteur de 1,3 million d'euros

ENQUETE La Dépakine est au centre d’un scandale sanitaire à cause des malformations congénitales provoquées chez les enfants de femmes sous traitement pendant leur grossesse

20 Minutes avec AFP

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Les victimes de l'antiépileptique Dépakine vont pouvoir être indemnisées
Les victimes de l'antiépileptique Dépakine vont pouvoir être indemnisées — LODI FRANCK/SIPA

Malformation cardiaque, autisme, dépendance… Handicapé en raison de la prise de Dépakine par sa mère durant la grossesse, un jeune homme de 20 ans a obtenu 1,3 million d’euros du fonds d’indemnisation des victimes de ce médicament, a annoncé la mère du plaignant au Parisien, ce mardi.

Les troubles de ce jeune homme liés à la Dépakine ont été « reconnus », explique Le Parisien, qui ajoute qu’il fait partie des premières personnes indemnisées par le fonds mis en place par l’Etat pour dédommager les victimes de cet antiépileptique fabriqué par Sanofi.

La qualification de « trouble du déficit de l’attention » retenu, une minimisation pour la famille

Si la somme obtenue (1.326.721 euros précisément) a soulagé la victime et sa famille, car elle va leur éviter une longue bataille judiciaire, la mère du jeune homme regrette toutefois que le fonds n’ait pas retenu le terme d'« autisme » mais « trouble du déficit de l’attention », une qualification utilisée, selon certains patients, pour tenter de minimiser certains versements.

En outre, Marine Martin, présidente de l’Apesac, une association d’aide aux victimes, interrogée par le Parisien, a prévenu que cette indemnisation élevée masquait des décisions beaucoup moins favorables dans la plupart des dossiers. « Les premières indemnisations sont faibles, partielles, elles peuvent être de zéro, trente ou cent mille. C’est la roulette russe », a-t-elle estimé.

Des malformations et de troubles neurodéveloppementaux chez des milliers d’enfants

La Dépakine est au centre d’un retentissant scandale sanitaire depuis plusieurs années à cause des malformations congénitales provoquées chez les enfants de femmes sous traitement pendant leur grossesse. Le valproate de sodium, le principe actif de la Dépakine et ses dérivés, est responsable depuis 1967 de malformations chez 2.150 à 4.100 enfants, et de troubles neurodéveloppementaux chez 16.600 à 30.400 enfants, selon des estimations de l’assurance maladie et de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Une procédure d’indemnisation est en cours, sous l’égide de l’Oniam (Office national d’indemnisation des accidents médicaux). Le géant pharmaceutique français Sanofi avait refusé en début d’année de contribuer à ce dispositif.