Non, la police ne prévoit pas de mettre des «gilets jaunes» en garde à vue pour les empêcher de voter aux européennes

FAKE OFF Une page Facebook de «gilets jaunes» affirme que la police a reçu pour consigne de mettre le maximum de manifestants en garde à vue le 25 mai, pour les empêcher de voter aux européennes le lendemain

Alexis Orsini

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Des policiers à Toulouse pendant l'acte 25.
Des policiers à Toulouse pendant l'acte 25. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • A l'approche du scrutin européen, le dimanche 26 mai, des «gilets jaunes» redoutent de voir leur vote censuré.
  • Selon une page Facebook du mouvement, les policiers auraient reçu l'ordre de procéder au maximum d'interpellations de manifestants la veille du scrutin pour les empêcher d'aller voter.
  • Le service communication de la police nationale affirme à 20 Minutes n'avoir reçu aucune consigne en ce sens.

L’approche du scrutin européen, le 26 mai, inquiète visiblement autant du côté du ministère de l’Intérieur que des « gilets jaunes ». Alors que Christophe Castaner a récemment confié sa crainte d’un éventuel blocage des urnes par des manifestants, certains redoutent de voir leur vote empêché par une série d’interpellations à la veille du scrutin.

« Ordre est donné à la police de faire le plus de gardes à vue possible le samedi 25 [mai] pour empêcher les gilets jaunes de voter ! », affirme ainsi un message qui rencontre un succès important sur un groupe Facebook de « gilets jaunes » - alors que nombre de pages liées au mouvement social appellent depuis plusieurs semaines à se mobiliser massivement dans les urnes contre La République en marche (LREM).

FAKE OFF

Contacté par 20 Minutes, le service de communication de la police nationale dément cependant toute indication en ce sens : « Nous n’avons reçu aucune consigne d’interpellation de "gilets jaunes" pour les empêcher de voter. »

En revanche, il confirme qu’une « personne placée en garde à vue ne peut pas aller voter », tout en rappelant que « la procédure de mise en garde à vue est règlementée par le code de procédure pénale et ne peut pas être décidée sans motif légal ».

L’article 62-2 du code de procédure pénale précise bien qu’il s’agit d’« une mesure de contrainte décidée par un officier de police judiciaire, sous le contrôle de l'autorité judiciaire, par laquelle une personne à l'encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d'une peine d'emprisonnement est maintenue à la disposition des enquêteurs. »

D’une durée de 24 heures, elle peut être prolongée, uniquement avec l’accord d’un magistrat. Dans le cas des élections européennes, cela supposerait donc que les manifestants soient interpellés suffisamment tardivement le samedi 25 mai pour ne pas pouvoir accéder au bureau de vote avant sa fermeture – ou de voir leur garde à vue prolongée, si les conditions légales sont réunies. En février, 59 avocats avaient toutefois dénoncé, dans une tribune publiée sur Franceinfo, « des prolongations de garde à vue dites de "confort" » touchant les « gilets jaunes ».

« C’est le procureur de la République qui prononce la fin d’une garde à vue, pas le policier », indique en outre le service de communication de la police nationale.