VIDEO. Prise d'otages à Blagnac: Le preneur d'otages mis en examen et écroué

ENQUETE Le jeune homme de 17 ans se revendique comme « l’avant-garde armée du mouvement des gilets jaunes »

H. Ménal avec B. Colin

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Déploiement à Blagnac le 7 mai 2019 lors de la prise d'otages du bar-tabac.
Déploiement à Blagnac le 7 mai 2019 lors de la prise d'otages du bar-tabac. — P. Pavani - AFP

Deux jours après le dénouement de la prise d’otages dans un bar-tabac de Blagnac, Yanis, le forcené âgé de 17 ans et demi, a été mis en examen et placé en détention provisoire ce jeudi soir.

Le jeune homme, qui a retenu en otages pendant plusieurs heures quatre femmes, est poursuivi pour « séquestration de plusieurs otages en vue de l’exécution d’un ordre ou d’une condition, et des délits de menaces de mort sous condition, violences avec arme sans ITT et port d’arme de catégorie D », a indiqué le procureur de Toulouse Dominique Alzeari. Il était bien équipé d’une caméra GoPro mais son arme, une réplique de Beretta, était en fait un pistolet d’alarme. Ce type d’arme ne peut pas tirer de balles réelles.

« Pression sur les pouvoirs publics »

Dans un communiqué, le magistrat livre quelques éléments que le jeune forcené a confiés aux enquêteurs du SRPJ durant sa garde à vue. Il confirme notamment que Yanis a revendiqué au début des événements être « l’avant-garde armée du mouvement des "gilets jaunes" ». Il « déclare appartenir à un groupe d’activistes du mouvement des « gilets jaunes » qui, par ce type d’actions, la présente en étant le premier acte, veut promouvoir grâce à l’écho médiatique, ce type de passage à l’acte afin de faire pression sur les pouvoirs publics », précise le magistrat, ajoutant qu’à « ce stade, aucun élément n’a permis de corroborer l’existence d’un tel groupe ».

Le parquet indique aussi que les quatre victimes – la gérante de l’établissement, sa fille et deux salariées – ont assuré n’avoir pas été maltraitées durant cette prise d’otages qui a démarré à 16h20 et s’est terminée peu avant minuit par la reddition du jeune Blagnacais.

L’enquête se poursuit désormais sous la direction d’un juge d’instruction. Eric Mouton, l’avocat du jeune homme, n’a pas souhaité s’exprimer à l’issue de sa mise en examen. « Nous allons nous attacher à l’examen de sa personnalité » a-t-il simplement déclaré. Interrogé sur l’état d’esprit de son client deux jours après les faits, il a juste dit que « c’était compliqué ».