«Gilets jaunes» à Nice: Deux nouvelles plaintes déposées par Geneviève Legay un mois après sa chute

JUSTICE Son avocat portera la plainte mardi au tribunal correctionnel de Nice pour «violence volontaire et complicité de violence volontaire» et pour «subornation de témoins, faux et usage de faux et dissimulation de preuve»

Mathilde Frénois
— 
Geneviève Legay est entourée de ses avocats et d'un responsable d'Attac.
Geneviève Legay est entourée de ses avocats et d'un responsable d'Attac. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Geneviève Legay déposera deux plaintes mardi au tribunal correctionnel de Nice via son avocat.
  • Des plaintes dans le même sens avaient déjà été déposées par les trois filles de Geneviève Legay.
  • Depuis, seule une information judiciaire pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte.

Quand elle avait fixé la date de la conférence de presse, Geneviève Legay pensait que sa chambre d’hôpital ne serait qu’un lointain souvenir. Mais un mois après une fracture du crâne, due à la chute dans la charge des policiers lors d’une manifestation interdite des « gilets jaunes », la militante est toujours au CHU de Cimiez. C’est sous les oliviers du jardin de l’établissement qu’elle expose son engagement politique. Et surtout, les suites judiciaires de ses blessures. Geneviève Legay déposera deux plaintes mardi au tribunal correctionnel de Nice via son avocat.

La première, pour « violence volontaire et complicité de violence volontaire », visera nommément Georges-François Leclerc, le préfet des Alpes-Maritimes, et Rabah Souchi, le commissaire en charge du maintien de l’ordre ce 23 mars, jour de la chute. La seconde, contre X, porte sur la « subornation de témoins, faux et usage de faux et dissimulation de preuve ».

« Dysfonctionnement judiciaire »

Des plaintes dans le même sens avaient déjà été déposées par les trois filles de Geneviève Legay. Depuis, seule une information judiciaire pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte. C’était fin mars lorsqu’un policier avait reconnu avoir bousculé Geneviève Legay dans la charge. Quelques jours plus tôt, le procureur expliquait qu’il n’y avait eu aucun contact direct entre la victime et les policiers, avant d’admettre le contraire.

« Il y a une volonté de protection des fonctionnaires de police et de l’administration. Le système judiciaire s’autoprotège, estime Arié Alimi, l’avocat de Geneviève Legay qui a fait une demande de dépaysement. L’indépendance du parquet est en cause. Et M. Prêtre [le procureur de la République de Nice] est le symbole de ce dysfonctionnement judiciaire. » Contacté par 20 Minutes, Jean-Michel Prêtre n’a pas souhaité réagir.

Un autre dossier

Dans l’affaire de Geneviève Legay, le procureur de la République de Nice a été convoqué par le procureur général d’Aix-en-Provence. Le ministère de la Justice exige des explications de sa part sur la gestion de l’affaire.

Toujours à propos des « violences policières », Arié Alimi annonce qu’il a déposé une plainte ce lundi dans un autre dossier pour « dissimulation de preuves » et visant Jean-Michel Prêtre. Le 7 mars 2016 à l’est du département des Alpes-Maritimes, un homme d’une trentaine d’années a été abattu de trois balles après avoir refusé de se soumettre à un contrôle de police. Souffrant de problèmes psychiatriques, il aurait sorti par la fenêtre une serpette. Selon Me Arié Alimi, le dossier a été classé sans suite « sans prendre connaissance de la balistique ».