Jean-Claude Romand va sortir de prison, vingt-six ans après avoir tué toute sa famille

PRISON Sa demande de libération conditionnelle a été validée, ce jeudi, par la cour d'appel de Bourges (Cher)

Vincent Vantighem

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Jean-Claude Romand lors de son procès en 1996.
Jean-Claude Romand lors de son procès en 1996. — FAYOLLE PASCAL/SIPA

Jean-Claude Romand va être libéré. La cour d’appel de Bourges (Cher) a autorisé, ce jeudi matin, le « faux docteur » à bénéficier d’une libération conditionnelle, vingt-six ans après avoir été incarcéré. En janvier 1993, il avait tué son épouse, Florence, à coups de rouleau à pâtisserie. Avant de s’en prendre, dans la foulée, à Antoine et Caroline, leurs deux enfants de 5 et 7 ans. Et de terminer le lendemain, par abattre ses propres parents et même leur labrador, à l’aide de sa carabine.

Se qualifiant lui-même de « monstre », il avait reconnu rapidement, lors de l’enquête, avoir décimé sa famille car elle était sur le point de découvrir qu’il n’était pas médecin à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qu’il lui mentait depuis dix-huit ans et qu’il l’escroquait pour pouvoir vivre. Cette histoire avait donné lieu à l’écriture du livre  L'Adversaire par Emmanuel Carrère puis à son adaptation en film où le « faux docteur»  était campé par Daniel Auteuil.

Montage des photos de Jean-Claude Romand, son épouse Florence et leurs enfants Antoine et Caroline.
Montage des photos de Jean-Claude Romand, son épouse Florence et leurs enfants Antoine et Caroline. - STF / AFP

Il pouvait faire cette demande depuis 2015

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans pour ces faits en 1996, il avait le droit de faire cette demande de libération conditionnelle depuis 2015. En février, après un examen en première instance, elle lui avait été refusée. « Les éléments du projet présenté et de sa personnalité ne permettent pas, en l’état, d’assurer un juste équilibre entre le respect des intérêts de la société, des droits des victimes et de la réinsertion du condamné », avait alors estimé le tribunal d’application des peines de Châteauroux.

La cour d’appel de Bourges a donc infirmé ce jugement, estimant que son projet de réinsertion était valable. Selon les éléments qui ont filtré, Jean-Claude Romand a proposé de rejoindre une communauté religieuse durant quelques mois afin de se réadapter à une vie hors de l’univers carcéral puis de travailler pour la communauté Emmaüs qui accueille régulièrement les anciens détenus.

« C’est extrêmement troublant… », pour l’avocate des parties civiles

Les frères de Florence, l’épouse assassinée par Jean-Claude Romand, ont bien tenté de s’opposer, lors de l’audience, à cette libération conditionnelle. Mais ils n’ont pas convaincu. « C’est désastreux pour eux et c’est extrêmement troublant quand on connaît l’ambiguïté du personnage », a réagi auprès de 20 Minutes, Laure Moureu, leur avocate.

Contacté, l’avocat de Jean-Claude Romand, Jean-Louis Abad, a refusé de s’exprimer avant que la décision de libération ne soit officiellement notifiée à son client, toujours derrière les barreaux. Selon nos informations, il pourrait sortir dans les prochains jours. Toujours considéré comme une personne détenue par la justice, il sera équipé d’un bracelet électronique.