VIDEO. Compteur Linky: Une étudiante électrosensible attaque Enedis pour pouvoir finir ses études

JUSTICE Une étudiante électrosensible, qui a déménagé dans le Var pour éviter l’installation de compteur Linky, attaque Enedis 

Adrien Max

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Un compteur Linky.
Un compteur Linky. — LODI FRANCK/SIPA
  • Joséphine, une étudiante de 22 ans électrosensible a quitté Lyon pour s’installer dans le Var, où les compteurs Linky ne devaient pas être installés avant 2020.
  • Mais la société Enedis a avancé son calendrier de déploiement. L’étudiante a décidé d’attaquer en justice pour obtenir la non-installation du compteur.

Elle fuit les compteurs Linky. Joséphine, une étudiante de 22 ans récemment installée dans le Var attaque la société Enedis devant la justice. En cause, l’installation, à une date avancée, de compteurs Linky dans son petit village varois du Cannet-des-Maures. L’audience doit se tenir ce mercredi en référé, devant le tribunal de grande instance de Draguignan.

Joséphine s’installe à Lyon en 2015 pour suivre des études de maths à l’Ecole normale supérieure. « Je me suis aperçue qu’il y avait quatre antennes installées sur le toit de ma résidence, juste au-dessus de mon appartement du quatrième étage. Je n’étais pas bien, très fatiguée et j’avais du mal à me concentrer. Avec même parfois des pertes de mémoire », relate-t-elle.

Les compteurs Linky la rattrapent

Un mal qui s’accentue en février 2017. « Je me suis aperçue qu’Enedis installait les compteurs Linky dans mon quartier de Gerland. Je me suis sentie encore plus mal. Les vêtements avec des tissus anti-ondes qui fonctionnaient pour les antennes, laissaient passer les fréquences des compteurs Linky, c’était l’horreur », se remémore-t-elle. Plusieurs médecins, dont celui de l’université, concluent à cette électrohypersensibilité.

Joséphine décide alors d’interrompre ses études et de s’installer dans le Var, sur la commune du Cannet-des-Maures, où les compteurs Linky ne doivent pas être installés avant 2020, au mieux. « J’ai mis six mois à trouver cette maison. En discutant avec des voisins, je me suis aperçue qu’Enedis procédait à l’installation de compteur Linky dès le mois de mars. Heureusement de l’autre côté du village, mais ils ne devraient plus tarder à arriver vers chez moi », s’inquiète la jeune fille.

Une première décision

Une situation qui l’a poussée à saisir le juge des référés du tribunal de grande instance de Draguignan. « Nous allons plaider le dommage imminent qui peut difficilement être contestable avec les certificats médicaux dont dispose ma cliente, et les conséquences que pourra avoir l’ajout de ces fréquences via le compteur Linky », explique maître Arnaud Durand, l’avocat de Joséphine.

Le TGI de Toulouse a d’ailleurs obligé Enedis à « n’installer aucun appareil Linky et à délivrer une électricité exempte de tout courant dans les fréquences comprises entre 35 kHz et 95 kHz à l’extérieur ou dans le domicile des demandeurs » dans une affaire jugée le 12 mars.

Fournir de l’électricité « propre »

Maître Arnaud Durand invoquera également le principe de précaution durant l’audience, qui fait suite aux recommandations de l’Anses d’étudier les effets de ces nouvelles fréquences. Un principe de précaution que vient de suivre le TGI de Bordeaux dans une affaire semblable.

Il espère ainsi que la justice imposera à Enedis de ne pas installer de compteur Linky au domicile de Joséphine. « Mais aussi de lui fournir une électricité propre. Comme lorsqu’un polluant est déversé dans l’eau, il contamine tout le monde. C’est pareil avec Linky, même si vous ne l’avez pas chez vous, les compteurs des autres irradient le réseau. Nous demandons donc à Enedis, par quelque procédé que ce soit, de fournir une électricité dépourvue de ces fréquences », réclame Arnaud Durand. Joséphine espère, elle, pouvoir terminer ses études qu’elle suit désormais par correspondance.